Les 21 Diables Rouges retenus pour le match amical de mercredi soir (20h45) contre le Maroc au Stade Roi Baudouin, se sont entraînés en salle, sur un terrain synthétique, mardi matin au Centre National de Football Euro 2000 à Tubize. Il a cependant été décidé l'après-midi de renvoyer Jelle Van Damme, pas à cent pc à cause d'une gêne à la cheville, dans son club. Anderlecht, qui sera privé de son capitaine Olivier Deschacht, suspendu dimanche pour le match au sommet de la 28-ème journée contre le Cercle de Bruges, ne souhaitait pas risquer de perdre l'autre arrière gauche de son noyau.

Aucun remplaçant ne sera appelé. Marouane Fellaini, qui était également douteux en raison de douleurs aux genoux et dans les orteils, fait en revanche toujours partie du groupe. Sera-t-il pour autant aligné mercredi? Michel Preud'Homme et le Standard (qui se déplace à Malines samedi) ne le souhaitent sans doute pas, mais le joueur a manifesté l'envie de monter sur la pelouse pour ce match "très particulier" contre son pays d'origine.

"On va se qualifier pour le Mondial-2010!". C'est le capitaine des Diables Rouges Timmy Simons qui l'a affirmé il y a quelques jours. Mais les joueurs, à commencer par les "cadres", ne demandent qu'à le croire. "C'est possible à condition que certaines choses changent", avait déjà confié Vincent Kompany lundi à Tubize. Daniel Van Buyten a tapé sur le même clou, mardi dans le hall du Stade Roi Baudouin, où l'entraînement prévu à 17 heures avait été annulé pour préserver le terrain, déjà durement éprouvé par les intempéries de la veille, et les crampons des joueurs de la sélection marocaine...

Ce qui importe, pour le grand défenseur du Bayern Munich, c'est de rapprocher les lignes, avec un objectif majeur: ne plus prendre de but, ou le moins possible, en tout cas. "Ce sera très dur pour les attaquants qui devront participer à cette tâche, mais croyez bien que c'est la condition sine qua non pour réussir des résultats. C'est notamment ce que j'ai appris en cotoyant le top-niveau au Bayern Munich. Ne pas encaisser est primordial, et s'y employer prioritairement n'empêche pas d'attaquer et de marquer des buts. Il suffit d'avoir des joueurs de grande qualité pour créér des occasions et les exploiter. On les a. Mirallas pourrait par exemple être 'notre' Ribery. Aucun adversaire, même pas l'Espagne, n'aura facile contre nous, si on arrive à adopter efficacement cette ligne de conduite..." "Le Mondial, c'est magique", a par ailleurs expliqué "Big Dan" à ses jeunes coéquipiers. "Je peux vous le dire en connaissance de cause, puisque j'étais au Japon en 2002. On a été éliminé (0-2 contre le Brésil ndlr) en 1/8-ème de finale, mais le retour en Belgique a quand même été triomphal. Cela a été pareil pour mes partenaires allemands, qui n'ont pas gagné 'leur' Coupe du Monde en 2006, mais en conservent plein de souvenirs inoubliables. Tout le pays a vibré avec eux pendant un mois..."

Deux handicaps: les critiques et le stade

Et ce match contre le Maroc? "J'espère qu'il va marquer le début d'une nouvelle ère", commente Van Buyten (Vandereycken réfute pour sa part cette notion de "renouveau", ndlr). "L'idéal serait de bien commencer. Par une victoire, acquise avec la manière, ce qui dépendra toutefois un peu de l'état du terrain, qui m'inquiète. Ce serait la meilleure façon de repartir sur des bases solides, même s'il ne s'agit que d'une rencontre amicale. Mais le Maroc va vouloir gagner, et c'est ce qui la rend intéressante..."

L'état d'esprit du groupe? "Il est peut-être toujours un peu sous le coup de toutes les critiques qui se sont abattues sur lui la saison dernière", admet Van Buyten. "Elles étaient pour la plupart justifiées, compte tenu des résultats, mais je vois bien qu'elle constituent encore un handicap aujourd'hui. C'est pourquoi il serait idéal de convaincre tout le monde dès mercredi, que quelque chose a changé. On n'atteindra jamais notre meilleur niveau, tant que la critique affectera les joueurs, consciemment ou non. Autrement dit il serait souhaitable qu'elle s'arrête, dès qu'elle n'aura plus de raisons d'être..."

Enfin le dernier souhait, partagé par tout le noyau, même s'il n'est exprimé qu'à demi-mots, c'est de changer de stade le plus vite possible. "Je sais qu'il y a des contrats à respecter", commente Van Buyten à ce sujet, "mais jouer à domicile sans en tirer le moindre avantage est gravement pénalisant. Le terrain est parfois tellement mauvais, qu'il est impossible de bien jouer, même si cela vaut aussi pour l'adversaire. Les supporters font sûrement le maximum pour nous encourager, mais on ne les entend pas. Il faudrait donc jouer dans un lieu où le public est beaucoup plus proche. Ne doit-on pas mettre son équipe dans les meilleures conditions, quand on dispute une compétition où le moindre détail peut s'avérer déterminant?".