L'avenir en équipe de France de Karim Benzema, mis en examen dans la fameuse affaire de la sex-tape, se jouait ce jeudi lors du Comité exécutif de la Fédération française de football (FFF).

Via un tweet très concis, l'attaquant des Bleus a réagi :

Karim Benzema "n'est plus sélectionnable" en équipe de France tant que sa situation judiciaire "n'évolue pas" dans l'affaire du chantage à la sex-tape exercé sur Mathieu Valbuena, dans laquelle l'attaquant du Real Madrid a été mis en examen, a annoncé jeudi Noël Le Graët, président de la Fédération française de football.

"Karim Benzema n'est plus sélectionnable jusqu'à ce que la situation évolue, jusqu'à ce qu'il y ait du nouveau dans ce dossier, c'est une décision que j'ai prise en tant que président de la fédération", a déclaré M. Le Graët devant la presse, à six mois jours pour jour de l'Euro-2016 en France.

"Mathieu Valbuena, c'est la victime. Karim Benzema est un type bien, totalement irréprochable au Real Madrid, qui n'a pas une communication extraordinaire. Prendre des sanctions, ce n'est jamais ma tasse de thé, mais en tant que président de la fédération, je ne peux rester insensible aux écoutes téléphoniques qui sont parues dans les journaux dans cette affaire", a expliqué le patron du foot français.

Les Bleus vont donc préparer et jouer l'Euro, sauf rebondissement judiciaire en faveur de Benzema d'ici là, sans leur attaquant N.1, qui, à bientôt 28 ans (il les aura le 19 décembre) est le meilleur buteur en activité des Bleus (27 réalisations en 81 sélections).

Benzema a été mis en examen le 5 novembre dans cette affaire pour "complicité de tentative de chantage" et "participation à une association de malfaiteurs". Ces faits sont passibles de cinq ans de prison. Le contrôle judiciaire imposé à Benzema lui empêche d'entrer en relation avec Valbuena.

Le Premier ministre Manuel Valls avait pris position sur ce dossier en affirmant le 1er décembre qu'"un grand sportif doit être exemplaire. Et s'il n'est pas exemplaire, il n'a pas sa place en équipe de France".

D'autres voix au sommet du foot français s'étaient déjà élevées pour prôner la "fermeté". Frédéric Thiriez, président de la Ligue de football professionnel, a écrit ainsi dans une tribune adressée au quotidien Le Figaro mercredi soir: "Porter le maillot bleu n'est pas quelque chose d'ordinaire. L'exemplarité, si l'on veut reconquérir les coeurs, doit l'emporter même sur la performance."

A six mois de l'Euro dans l'Hexagone (10 juin-10 juillet), l'image du foot français est écornée. Or la FFF, qui s'est portée partie civile, ne peut se permettre de vivre un nouveau gros scandale, cinq ans après la fameuse grève de l'entraînement à Knysna au Mondial-2010.

"L'équipe de France est régulièrement secouée par des affaires qui nourrissent un désamour croissant de nos compatriotes", déplore encore M. Thiriez dans Le Figaro.​