Des talents comme celui de Geoffrey Mujangi Bia, ça ne court pas les rues. Inconnu du grand public en début d'année civile, le Congolais a véritablement éclaté lors du second tour de la saison dernière au point de devenir, à seulement 19 ans, l'un des joueurs les plus en vue de notre championnat.

Les supporters connaissent ses dribbles et ses frappes sèches, mais ils ne savent peut-être pas que le feu follet a effectué la majeure partie de sa formation... à Anderlecht.

Après des passages à Zellik et à l'Union, Mujangi Bia a en effet été Mauve de sept à quinze ans. Son talent était indéniable, mais les responsables du centre de Neerpede ont décidé de s'en séparer : le joueur avait en effet commis plusieurs actes de délinquance, dont des vols de GSM.

Le Congolais a accepté d'évoquer ce douloureux épisode de sa vie. "Certains jeunes commettent ce genre de bêtises et j'en ai malheureusement fait partie, confie le Carolo . Sur le moment, mon renvoi fut difficile à comprendre et à digérer. Mais avec le recul, j'ai compris que le coupable, c'était moi. Anderlecht a eu raison. Le club cherchait à encadrer ses jeunes et il n'allait pas modifier sa politique pour un seul joueur."

Mujangi Bia assume pleinement ses fautes. Mais il aimerait qu'elles ne le poursuivent plus. "Cette histoire m'a permis d'avancer et de ne plus commettre les mêmes erreurs. Aujourd'hui, la page est définitivement tournée."

Et si le Congolais a pu passer au chapitre suivant de sa carrière, c'est grâce à Charleroi. "Je suis très reconnaissant envers ce club d'avoir cru en moi. Et je fais tout pour leur rendre la main qu'ils m'ont tendue."

Prudent, Mogi Bayat avait toutefois pris quelques mesures drastiques pour encadrer son poulain. Il lui a notamment longtemps interdit de parler à la presse. "Et je peux comprendre. Nous en avons parlé ensemble : le but de Mogi était de me protéger, car il savait que les médias chercheraient à savoir ce qui s'était passé à Anderlecht. Il ne voulait pas que cela perturbe mes débuts en première. Aujourd'hui, les choses se sont tassées naturellement."

"J'ai enterré mes rêves anderlechtois"

Libre de parole et libéré sur la pelouse, Mujangi Bia vivra ce soir un moment dont il avait tant rêvé étant jeune : jouer en D1 sur la pelouse du stade Constant Vanden Stock. "Ce sera très spécial, c'est certain. Mais j'ai enterré mes rêves anderlechtois depuis longtemps : le seul rêve qui compte désormais, c'est celui d'être devenu professionnel, que je réussis à réaliser."