Sepp Blatter est malin. Très malin même. Il est vrai qu'il avait beaucoup appris dans l'ombre de son maître et prédécesseur, le Brésilien, d'origine liégeoise, Joao Havelange.

Lors de son premier mandat décroché haut la main voici quatre ans, il a clamé sur tous les toits - et bien avant que ce soit de bon ton- qu'il serait le plus mondialiste de tous les présidents. Du même coup, il s'assurait une très large majorité des suffrages des 199 pays qui constituent la Fifa soit plus que les Nations unies. Depuis, il s'est arrangé, de toutes les manières, pour conforter cet avantage stratégique. Sur qui? Sur son irréductible ennemi, le Suédois Lennart Johansson, son évincé de 1998, qui préside aux destinées de l' imposante UEFA. Celle-ci n'a jamais digéré de voir son omnipotence, qui est bien réelle même à l'échelon mondial, diluée dans le nombre des pays appelés à voter. On rencontre le même phénomène au niveau de l'Olympisme où les luttes d'influence ne sont heureusement pas aussi dichotomiques qu'à la Fifa où elles semblent se cristalliser entre l'Europe et le reste du monde. Et c'est grand, le monde. C'est la raison pour laquelle, Johansson lui a lancé dans les pieds Issa Hayatou, un chevalier... noir, un noble d'Afrique qui ne traîne pas à ses basques les mêmes casseroles sonnantes et trébuchantes qui ont pour nom ISL ou Kirch mais dont les répercussions ne sont pas manifestement les mêmes partout.

Mercredi, il y a beaucoup de chance que Blatter rempile. Mais ce ne sera pas sans avoir fait des promesses qu'il faudra tenir.

© Les Sports 2002