Le Camerounais Issa Hayatou, patron du football africain, a été désigné jeudi président par intérim de la Fifa après la suspension de 90 jours de Joseph Blatter, a annoncé la Fifa dans un communiqué.

"Pour une durée de 90 jours, Joseph Blatter n'a pas le droit de représenter la Fifa de quelque manière que ce soit ni d'agir en son nom", a indiqué l'instance suprême du foot mondial, soulignant que le président en titre avait de fait été "relevé de ses fonctions" en raison de sa suspension. Selon les statuts de la Fifa, Hayatou assure l'intérim car il est le "plus ancien vice-président du Comité exécutif en poste".

De son côté, Blatter a réagi par le biais de ses avocats en indiquant que la Commission d'éthique de la Fifa "n'a pas respecté" ses propres règles en infligeant cette suspension de 90 jours sans l'entendre au préalable. "Le président Blatter est déçu que la Commission d'éthique n'ait pas suivi le code d'éthique et le code disciplinaire" qui offrent à une personnalité mise en cause la possibilité "d'être entendue", est-il écrit dans le communiqué de ses avocats suisse et américain. Selon le texte, la Commission a basé sa décision sur "une mauvaise interprétation" de l'action engagée par la justice suisse contre le président de la Fifa.

Le CIO réclame un "candidat extérieur de haute intégrité"

Le Comité international olympique (CIO) espère qu'un "candidat extérieur crédible et de haute intégrité" se présentera à la présidence de la Fifa, jeudi après la suspension pour 90 jours du président sortant, Joseph Blatter, et du favori à sa succession, Michel Platini.

La Fifa "doit être ouverte à un candidat extérieur crédible et de haute intégrité pour accomplir les réformes nécessaires et ramener stabilité et intégrité" dans l'institution", a déclaré dans un communiqué le président du CIO, Thomas Bach.

Cette prise de position est un coup porté aux candidats déjà en lice pour l'élection présidentielle du 26 février, dont Platini lui-même. La suspension du Français n'écarte pas automatiquement sa candidature, même si elle l'affaiblit considérablement: c'est la commission électorale de la Fifa qui devra in fine décider si elle est valide.

Un autre des prétendants à la succession de Blatter a été sanctionné jeudi par la commission d'éthique de la Fifa: le Sud-Coréen Chung Mong-joon, suspendu pour six ans.

D'autres candidats de moindre importance restent sur les rangs: le prince jordanien Ali bin Al Hussein, l'ancienne star du football brésilien Zico et le président de la Fédération du Liberia, Mussa Bility.

Un outsider pourrait également se déclarer: le Sud-Africain Tokyo Sexwale, ancien compagnon de cellule de Nelson Mandela, nommé récemment à la tête du Comité de surveillance de la Fifa pour Israël et la Palestine.

"Trop c'est trop", a poursuivi le président du CIO dans son communiqué. "Nous espérons que tout le monde à la Fifa a au moins compris qu'il n'était plus possible de rester passif".

"La Fifa doit prendre conscience qu'il est désormais question de bien davantage qu'une simple liste de candidats", a ajouté Thomas Bach. "Il y a aussi un problème structurel et il ne sera pas résolu uniquement par l'élection d'un nouveau président"


L'Union belge ne soutiendra plus Michel Platini si la fraude est prouvée

L'Union belge de football (URBSFA) a réagi jeudi après-midi, par voie de communiqué, à l'annonce de la suspension infligée aux présidents de la FIFA et de l'UEFA, Joseph Blatter et Michel Platini, par la commission d'éthique de la FIFA. "Nous avons pris connaissance des décisions de la commission éthique de la FIFA et regrettons que la fédération internationale de football mette une nouvelle fois notre football sous un mauvais jour. Cet atmosphère de comportements frauduleux dans le football est inacceptable pour nous", précise l'Union belge.

"L'URBSFA a manifesté, il y a quelques semaines, son soutien à Michel Platini (à la présidence de la FIFA, ndlr) plaidant ainsi pour une FIFA plus moderne, plus propre et plus transparente."

"La suspension de Michel Platini est clairement un nouvel élément dans ce dossier."

"L'URBSFA demande une totale transparence et clarté en ce qui concerne la cause des suspensions."

"Après concertation interne ainsi qu'avec les autres fédérations, nous ferons part de notre position officielle", a joute encore la fédération belge à propos de son soutien à un candidat à la présidence de la FIFA.

"Il va de soit que nous ne pouvons en aucun cas soutenir une personne pour laquelle une fraude a été prouvée", conclut l'URBSFA dans son communiqué.


Blatter et Platini provisoirement suspendus de la Fifa

Joseph Blatter, président de la Fifa démissionnaire, et Michel Platini, président de l'UEFA et candidat à la présidentielle Fifa, ont été suspendus 90 jours jeudi par la commission d'éthique de la Fifa, alors que l'instance suprême du foot est cernée par les scandales en tout genre.

Par ailleurs, Chung Mong-joon, ex-vice président de la Fifa et candidat à la présidentielle Fifa, a été suspendu pour six ans de toute activité liée au football, tandis que Jérôme Valcke, secrétaire général de la Fifa déjà relevé de ses fonctions mi-septembre, a été suspendu provisoirement 90 jours.

La commission d'éthique de la Fifa précise que pour MM. Blatter, Platini et Valcke, cette suspension de toute activité liée au football au niveau national et international avec effet immédiat peut être étendue de 45 jours supplémentaires. La sanction du Dr Chung s'agrémente d'une amende de 100.000 CHF (91.000 EUR).

Blatter est accusé par la justice suisse d'avoir "signé un contrat défavorable" à la Fifa avec l'Union caribéenne de football. Le Suisse aurait vendu très en-dessous des prix du marché les droits de diffusion TV des Mondiaux-2010 et 2014.

Le président démissionnaire fait aussi l'objet d'une procédure pénale suisse, notamment pour un versement en 2011 de 2 M CHF (1,8 millions d'euros) à Michel Platini, président de l'UEFA.

Valcke a lui été accusé par un prestataire de la Fifa d'être impliqué dans une revente de billets au marché noir. Quant à Chung, on lui reproche d'avoir voulu favoriser la Corée du Sud dans l'attribution du Mondial-2022, finalement octroyé au Qatar. De son propre aveu, il était sous la menace d'une suspension de 19 ans.

Platini avait anticipé sa suspension jeudi matin, accusant, avant que la sanction ne soit connue, "une source officielle de la Fifa" d'être à l'origine d'une "fuite délibérée qui vise à porter atteinte à (s)on image", au sujet d'une recommandation de suspension de 90 jours par la commission d'éthique de la Fifa.

Dénonçant une fuite "insidieuse dans sa nature et inacceptable dans son procédé", Platini souligne sa "disposition à collaborer dans le respect des règles de procédure les plus strictes", ajoutant: "La Fifa les a quant à elle clairement bafouées". "J'ai toujours agi et me suis toujours exprimé avec honnêteté, courage et franchise car j'estime que c'est mon devoir moral, poursuivait Platini dans ce texte. Si les intentions prêtées à la chambre d'instruction de la commission d'éthique de la Fifa venaient à se confirmer (elles sont confirmées, ndlr), je ne ménagerai pas mes efforts pour que la vérité s'impose. Que personne ne doute de ma volonté déterminée à atteindre cet objectif". "Il reviendra entre temps à une justice sereine, indépendante et impartiale de faire la lumière sur les faits qui ont valu à la commission d'éthique de la Fifa d'ouvrir une procédure d'instruction", contre-attaque encore l'ancien meneur de jeu des Bleus.

Platini dit aussi avoir "adressé" jeudi matin "les lettres de soutien requises pour pouvoir déposer (s)a candidature à la présidence de la Fifa", avant de conclure: "J'ai, en tout état de cause, la certitude que nous surmonterons cette difficulté en toute transparence et dans l'unité qui fait la force du football".