interview

De 1993 à 1995, Johan Boskamp a offert trois titres à Anderlecht, mais samedi, il peut arrêter le sprint final de son ex - club. "Si on gagne, Anderlecht me bannira à vie de son stade", sourit le coach de Dender.

Rêvez-vous d'un miracle ?

J’ai retiré le mot rêve de mon carnet. J’ai connu trop de misère ces derniers temps. Il faut rester réaliste. Si Anderlecht met la pression comme contre Bruges et Westerlo, je ferais mieux d’aller boire un petit café avec Van Holsbeeck au bar d’en face. On n’a rien à perdre. Notre opération sauvetage continue la semaine d’après. Mais ça ne signifie pas que je vais leur faire des cadeaux. Tout ce qu’on prend au Sporting, c’est du bonus.

Le nouveau système de Jacobs - un 3-4-3 - est-il la clé du succès ?

Cela n’a rien à voir avec le système, mais tout avec la terrible pression que l’équipe développe.

Pourquoi est-ce qu'Anderlecht n'a pas joué ainsi dès le début ?

Il faut demander cela à Anderlecht. Si le Standard sait jouer ainsi, Anderlecht doit aussi pouvoir le faire.

Qui sera champion ?

Anderlecht. Il n’y a pas photo entre les programmes. Le premier le méritera. Mais si vous me demandez quel football j’ai le plus savouré sur l’ensemble de la saison, je dis celui du Standard.

De Sutter est impressionnant.

C’est le meilleur attaquant de Belgique. Et il marque les buts importants, pas le 5e ou 6e but d’un 6-0. Je le préfère à Frutos, parce que l’Argentin demandait toujours le ballon à gauche et à droite du terrain, mais pas devant le but. C’est normal : il avait peur de recevoir des coups.

Descendons dans le jeu. Boussoufa est la plaque tournante.

J’ai des contacts au Maroc, je vais demander au général de l’armée qu’il le convoque samedi. (rire) Non : je ne me casse pas trop la tête. Je ne vais pas sacrifier deux joueurs pour le museler. On va peut-être essayer de faire en sorte que les autres ne lui donnent pas de ballon

Comment expliquez-vous la métamorphose de Biglia ?

J’ai déjà dit 100 fois que j’étais étonné du fait qu’Anderlecht n’ait pas pris un autre Argentin de l’équipe qui était championne du monde en Espoirs. Biglia ne jouait pas vers l’avant, était trop prudent. Jusqu’à ces dernières semaines. Mais s’il veut vraiment aller en Angleterre, il devrait de se demander si c’est un championnat pour lui.

La défense n'encaisse plus.

Parce que toute l’équipe met la pression. Et parce qu’il y a un grand qui s’appelle Van Damme, avec une incroyable mentalité. On dit qu’il n’a pas le style de la maison ? On a aussi dit ça de Philippe Albert, mais ils n’ont plus jamais eu un si bon. Mais Jelle aurait dû rester plus longtemps à l’Ajax.

Vous ne craignez pas de prendre beaucoup de buts ?

Je ne vais pas construire de mur, en tout cas. Un 7-7 ne serait pas mal, hein ? (rires)