Les bookmakers avaient tout faux! Redoutée par certains et espérée par d'autres, la "Lukakumania" n'a en effet pas tout emporté sur son passage mercredi au casino d'Ostende lors du scrutin du Soulier d'or 2010. Tant mieux pour Mbark Boussoufa, grand artisan du sacre anderlechtois la saison passée, qui ne devra pas se consoler en contemplant le trophée remporté en 2006, quand Romelu était encore cadet. Ni se dire qu'il n'y avait par définition rien à faire contre un courant irrésistible. On a d'ailleurs coutume de dire que tout est possible en Belgique. Et encore davantage en sport, tant sur le terrain qu'en coulisses.

Lukaku le golden boy qui transforme les ballons en buts, échoue pour la 2-ème et dernière fois à peindre son soulier en or. Dans quelques mois son transfert (en Angleterre) équivaudra pratiquement au budget annuel de son club. Le RWDM avait jadis pu régler ses factures d'électricité en vendant un gamin de 14 ans (Johan Walem) à Anderlecht pour un million de francs belges. Demain c'est un adolescent de 17 ans valant mille fois plus selon Herman Van Holsbeeck, qui offrira au Sporting son nouveau stade en pliant bagages pour un voyage vers les étoiles. L'histoire sans doute unique dans les annales du football, ne dit pas s'il sera baptisé (ou surnommé) Stade Romelu Lukaku.

Le triomphe de Boussoufa, 57-ème Soulier d'or, est aussi et même surtout celui d'Anderlecht, largement représenté au tableau d'honneur final (quatre dans le top-6), mais aussi au palmarès, avec vingt couronnements obtenus par quatorze joueurs. Soit deux fois autant que le FC Brugeois, et onze de plus que le Standard, qui en avait amassé quatre au cours des cinq précédentes éditions.

Sergio Conceiçao (2005), Steven Defour (2007), Axel Witsel (2008) et Milan Jovanovic (2009), ne seront cependant pas sur le terrain face à Lukaku et Boussoufa lors du clasico de dimanche (18 heures) au Stade Constant Vanden Stock...