Les jours d'Hugo Broos à Anderlecht sont-ils comptés? A en croire l'ultimatum posé par Herman Van Holsbeeck: oui! Alors qu'après chaque défaite, la direction avait défendu son entraîneur, elle a lancé un tout autre message, hier. Quand un journaliste de la VRT a demandé si Hugo Broos gardait la confiance de la direction, Herman Van Holsbeeck a répondu, en sortant du comité de gestion hebdomadaire: «Un entraîneur est sous pression quand les résultats sont moins bons. Comme Broos l'a dit lui-même dans une interview, il doit donc gagner ses quatre prochains matches de championnat.»

Cela veut-il dire que la situation de Hugo Broos sera revue après les matches contre Westerlo, au GBA, contre le Club Bruges et à Mons, les quatre derniers adversaires avant la trêve? «C'est simple, nous devons gagner, a répété Herman Van Holsbeeck, en évitant la question. Nous avons raté notre premier objectif, le prochain tour de la Coupe d'Europe. Avec ce 0 point sur 15, notre prestige est touché et cela fait très mal dans un club comme le Sporting. Nous avons perdu certaines illusions. Le deuxième objectif demeure le championnat. Nous avons sept points de retard sur Bruges. Avec quatre victoires, on revient au moins à quatre points de Bruges, et tout reste possible. Dans l'autre cas... Ce sont donc quatre matches capitaux pour l'entraîneur aussi. Valence, Brême et l'Inter ont beaucoup plus de contenu que nous, mais pour le championnat belge, on a assez de qualité. Le passé, c'est le passé. Maintenant, les résultats doivent suivre. Mais j'ajoute que le cas de l'entraîneur n'était pas à l'ordre du jour de notre réunion hebdomadaire.»

Message reçu. Hugo Broos sait quelle mission l'attend. En cas de défaite face à Westerlo samedi, on pourrait craindre le pire pour le coach anderlechtois si ses dirigeants suivent à la lettre leurs menaces. Le cas de Broos pourrait aussi dépendre des résultats du Club Bruges. En février 2002, Broos était aussi sur la sellette, mais un 2-0 face à Panathinaïkos l'avait sauvé. Hier, il tombait des nues quand nous l'avons confronté aux mots d'Herman Van Holsbeeck: «Il faut demander à Herman ce qu'il veut dire par là. Moi, je ne suis au courant de rien. Puisque je n'ai pas entendu ces mots, je ne vais pas les commenter. Je ne dirai donc rien à ce sujet.»

Une direction coupable

Mais Van Holsbeeck s'est aussi comporté comme un gentleman, parce que pour la première fois, il a avoué que la direction était aussi coupable des échecs actuels: «C'est trop facile de mettre toutes les erreurs sur le dos de Broos. Ce n'est pas seulement sa faute, la direction doit aussi balayer devant sa porte. En évaluant le groupe qui a remporté le titre la saison passée, nous nous sommes trompés. Nous pensions qu'en gardant nos meilleurs joueurs et en nous renforçant avec Mpenza et Ehret, nous étions armés pour disputer la Ligue des Champions. Cela n'a pas été le cas. On est trop court. On a pris le risque en optant pour les jeunes. Contre l'Inter Milan - par exemple -, notre défense avait une moyenne d'âge de 19 ans. Oui, on a fait un pas en arrière au lieu d'un pas en avant. Le Sporting et tout le football belge doivent se remettre en question.»

© Les Sports 2004