Le «document» dort dans ses trésors d'enfance: «Jan Ceulemans est le premier joueur dont j'ai obtenu un autographe. Le premier avec lequel je me suis trouvé face à face. J'avais neuf ans. J'étais inscrit dans un stage à Houthalen. Jan avait accepté une séance de dédicaces. Il était, déjà, très calme. J'ai toujours le papier à la maison...»

«Cadre» réhabilité du Club Bruges, Philippe Clement hume avec délice le «souffle nouveau» qui embrase l'Olympiastadion: «Après cinq ans d'un certain... immobilisme, le groupe ressentait le besoin d'un changement. Même moi, qui ne suis jamais venu au stade en traînant les pieds tout en sachant que, chaque jour, j'allais m'adonner aux mêmes exercices: j'adore m'entraîner.»

Philippe Clement cautionne avec allégresse tous les changements que le départ de Trond Sollied et le brassage inattendu de l'effectif ont générés: «Jan Ceulemans a défini un nouveau cadre de vie, plus strict que le précédent, et imposé un style de travail et de jeu tout neuf. J'y adhère totalement. Je retiens de notre ancien coach qu'il nous a aidés à conquérir deux titres et deux Coupes et qu'il a prouvé qu'on pouvait forger le respect sans édicter de nombreuses règles. Avec l'entraîneur Trond Sollied, le joueur que j'incarne n'a jamais été en conflit: c'est la relation d'homme à homme qui était altérée.»

Aujourd'hui, les Brugeois travaillent et jouent différemment: «Jan Ceulemans a réhabilité la possession du ballon, négligée par son prédécesseur. Notre entrejeu jouit ainsi d'une plus grande liberté de manoeuvre. Il peut assumer davantage d'initiatives. Les débordements par les flancs demeurent importants mais ils ne sont plus ni systématiques ni simultanés. Les défenseurs centraux sont heureux: ils bénéficient désormais d'aide pour balayer toute la largeur du terrain. Les entraînements sont aussi plus diversifiés et surtout plus personnalisés. Les coaches ne négligent plus, comme naguère, les réservistes. C'est important pour la motivation de chacun... à longue échéance.»

«Leko vaut deux Ceh!»

Ce nouveau «Club», qui se met en place, est-il prêt, déjà, pour la Ligue des Champions?

«Nous n'avons pas encore rodé nos automatismes dans un grand match, observe Philippe Clement. Seul un... grand match permettra précisément de savoir où nous en sommes. Je ne nourris pas trop d'inquiétudes: Vermant ne peut pas vraiment s'assimiler à un nouveau joueur et Leko est... deux fois plus fort que Ceh. Ivan est plus polyvalent que Nastja. Son volume de jeu est supérieur et il accuse moins de faiblesses. Leko est déjà devenu important pour l'équilibre de l'équipe.»

Rune Lange a bien «tuyauté» les Brugeois. «Valerengen représente la meilleure équipe norvégienne actuelle, répète Philippe Clement. Elle est très physique et très collective. Flo et Iversen entrent dans la catégorie des meilleurs attaquants européens. Ils sont, l'un et l'autre, redoutables de la tête. Le second davantage encore que le premier, meilleur technicien. Pour les contrer, nous devrons jouer à ras de terre et gagner les duels. Le style de Valerengen nous convient mieux que celui de Shakhtar Donetsk, notre vainqueur de l'an dernier, par ailleurs supérieur à Valerengen...»

© Les Sports 2005