Football

«C'est sûr: la Croatie vient à Bruxelles pour gagner!»

Michel Dubois

Publié le - Mis à jour le

SADD Luka Peruzovic rentre d'un bref séjour en Croatie: «En juillet dernier, je suis retourné une semaine chez moi, à Split. Je suis allé embrasser mon père et mon frère.»

Il coule à présent des jours... torrides au Qatar - «La température, ici, grimpe régulièrement à 40° tôt le matin» - où, à la tête de son club de Sadd, il prépare la prochaine saison: «Notre championnat reprend au début du mois d'octobre. Nous sommes partis en stage à Dubaï, aux Emirats arabes unis, pendant une semaine. J'avais projeté d'entamer, ensuite, une tournée en Europe mais la... gourmandise de l'équipe nationale m'en a dissuadé: elle se rend elle- même en stage en France et elle m'a subtilisé sept joueurs. Je ne récupérerai mes internationaux qu'une semaine avant la reprise.»

«J'ai apprécié Butina»

Ce contretemps n'affecte pas vraiment Luka Peruzovic, le

plus belge des Croates. Ce prochain mercredi, aucun événement extérieur ne le distraira de la retransmission télévisée du choc entre les deux nations: «Mon antenne parabolique me permet de ne pas perdre le contact avec le football européen. J'ai suivi, en passionné, le match amical Angleterre - Croatie. J'ai apprécié, aussi, la qualification arrachée par Bruges à Dortmund... à laquelle Butina, notre gardien en second, aujourd'hui blessé et remplacé par Vedran Runje dans le groupe, a participé. Il y a trois bonnes semaines j'ai regardé, également, le sommet de la compétition croate entre Dinamo Zagreb et Hajduk Split.»

Luka Peruzovic s'épanche sur Angleterre-Croatie: «Le score de trois- un en faveur des Anglais est trompeur. Il traduit bien mal la véritable leçon de foot que mes compatriotes ont dispensée à leurs hôtes. À la reprise, Otto Baric a sensiblement modifié sa formation. Celle-ci a encaissé trois buts évitables.»

«Ce ne sont plus des... Slaves»

L'ex-entraîneur d'Anderlecht, de Charleroi et du Standard a accueilli avec enthousiasme la régénérescence de l'équipe nationale de son pays: «La génération qui a remporté la troisième place lors du Mondial français a résisté un peu trop longtemps: cette obstination lui a coûté le Mondial asiatique. Miroslav Blazevic, par reconnaissance sans doute, puis Mirko Jozic n'ont pas osé renouveler les cadres. Otto Baric a façonné avec adresse un nouveau groupe intéressant. Ce dernier ne recèle sûrement pas encore les qualités intrinsèques de la génération précédente -celle des Stanic, Suker et autres - mais il m'apparaît déjà très performant. Les internationaux d'aujourd'hui ont cessé d'être des Slaves au sens restrictif du terme. Parce que les meilleurs d'entre eux ont émigré dans de grands championnats d'Europe de l'Ouest, ils se sont forgé une autre mentalité, plus conquérante, moins exclusivement tributaire de la technique pure. Sur ce groupe réceptif, Otto Baric a greffé sa grande expérience. Je connais également très peu de techniciens aussi habiles que lui dans l'art de motiver leurs hommes

«Pletikosa mérite mieux»

Dans cette

brochette de bons footballeurs européens, Luka Peruzovic distingue volontiers trois ou quatre éléments: «Je n'hésite pas à hisser Pletikosa, le gardien, parmi les meilleurs d'Europe. Je ne comprends pas qu'il se soit laissé séduire par le Shaktior Donetsk. À sa place, je ne serais pas allé me perdre en Ukraine, même sur un matelas de dollars: j'aurais cherché à m'imposer dans une grande formation d'Europe de l'Ouest. J'apprécie beaucoup aussi le Monégasque Prso et Olic, son alter ego offensif du CSKA Moscou. Mais les vraies figures de proue me semblent être les frères Kovac, Robert et Nico: ils ont apporté à la sélection les qualités qui lui ont longtemps fait défaut: la compétitivité, la rigueur et, sur le plan psychologique, la force mentale inhérente à la Bundesliga

Luka Peruzovic en est persuadé: «La Croatie vient à Bruxelles pour gagner. Mais les Diables Rouges au- raient bien tort de se croire battus d'avance...»

© Les Sports 2003

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