Tout souriant à la sortie du terrain du stade Roi Baudouin, Gaby Mudingayi était visiblement un des Diables Rouges les plus contents de se retrouver là. Content mais pas surpris. «Une surprise? Oui et non. Je réalise de bonnes prestations depuis le début de la saison avec la Lazio. J'attendais donc un signe du pays. Un appel de René Vandereycken », lâche le jeune médian.

Sa dernière sélection remonte au 30 avril 2003. Il y a quasiment trois ans. Un gouffre qui nous sépare de ce match amical face au Luxembourg. Depuis, il a été snobé par Aimé Antheunis. «Je ne suis pas habité d'un sentiment de revanche par rapport à tout ce qui s'est passé en Belgique, ni par rapport à ma seule cape. Je considère juste ma sélection comme une récompense. Une récompense du bon travail accompli en Italie. C'est une vraie satisfaction personnelle. Jouer pour son pays, c'est un honneur. Je suis fier de pouvoir porter le maillot de l'équipe nationale », explique le « Laziale». «Ce match contre le Luxembourg est très important. Je le prends à coeur. Je ne suis pas ici pour rigoler. Et encore moins pour faire la star. »

L'ancien joueur de La Gantoise et de l'Union Saint-Gilloise estime qu'il a encore tout à prouver ici, en Belgique. «Je n'arrive pas ici comme une star. Je suis davantage connu en Italie qu'en Belgique et j'en ai conscience.»

Son regard est mélancolique quand il parle de son transfert de La Gantoise vers Turin: « Je suis déçu qu'aucun grand club belge ne m'ait contacté. J'aurais aimé jouer pour l'un d'eux. Mais les équipes italiennes me voulaient plus. Quand j'étais au Torino, le président de la Lazio m'a même téléphoné à trois heures du matin. C'est un signe qu'ils avaient de l'estime pour moi. Ce qui n'était peut-être pas le cas en Belgique. »

Victime du turn-over, Gaby Mudingayi n'a pas participé au derby romain contre la Roma. C'est pourtant un nouveau Mudingayi que les supporters belges vont découvrir. «La différence avec l'ancien Mudingayi, c'est qu'aujourd'hui, je crois en mes capacités de footballeur. J'ai confiance en moi et cela se voit sur le terrain. Mais, pour ça, j'ai besoin du soutien de tout le monde. En Italie, je me sens soutenu par le coach, les supporters et même les dirigeants», prévient le milieu défensif.

Tout va donc bien pour Gaby, même avec le noyau dur des supporters romains pourtant connu pour son extrémisme: «Je n'ai jamais eu aucun problème avec les fans de la Lazio. Il y a des imbéciles partout. Pour ma part, je n'ai jamais été la cible du moindre propos raciste. Di Canio? J'ai de bons rapports avec lui. Il m'a même invité à manger chez lui. »

© Les Sports 2006