L’international norvégien John Carew, longtemps décrié, est devenu, depuis son but qualificatif en quart de finale de la Ligue des Champions de football contre Arsenal, un des chouchous des supporteurs de Valence qui comptent sur lui pour battre le Bayern Munich. «A Valence, soit tu sors sous les ovations soit on demande ta tête», constate le gardien international de Valence Santiago Canizares à propos du comportement du public vis-à-vis de son coéquipier John Carew.

Du mois de janvier jusqu’à la qualification de Valence pour les demi-finales de la Ligue des Champions et son fameux coup de tête, Carew a en effet été sans cesse sifflé et hué par les supporteurs exaspérés par son inefficacité devant les buts.

Lourde succession
Avant le but de la qualification contre Arsenal (1-2, 1-0), Carew n’avait pas marqué depuis neuf rencontres. Les supporteurs, oubliant les 11 buts marqués par Carew pendant les matches aller, le rendaient coupable de la chute de leur club au classement, de la première à la 4e place.

Arrivé au club à l’intersaison pour 1,5 milliard de pesetas (9 millions d’euros) en provenance de Rosenborg, Carew doit assumer une succession lourde: celle de l’Argentin Claudio Lopez parti à la Lazio Rome.

Dernière vertu appréciée par Hector Cuper: contrairement à beaucoup d’attaquants modernes qui rechignent à défendre pour préserver une fraîcheur physique, Carew, lui, accomplit d’innombrables tâches défensives poursuivant inlassablement le ballon.

«Les gens qui me sifflaient ne voient pas le travail que j’effectue sur un terrain. Ils ne voient que les buts», confie le jeune attaquant, âgé de 21 ans seulement et évoluant dans une équipe comptant de nombreux trentenaires (Pellegrino, Djukic, Deschamps, Angloma et Carboni).

«Il est jeune et il faut lui laisser un peu de temps. Il vient seulement d’arriver dans un championnat très difficile comme la Liga en venant d’un championnat faible. Il s’adapte parfaitement et travaille beaucoup. Il a déjà marqué beaucoup de buts cette saison», confie le défenseur argentin Maurizio Pellegrino.

«Je veux marquer à chaque match que je joue», précise quant à lui Carew. S’il marque contre le Bayern Munich à Milan, le géant Carew deviendra plus grand encore dans le coeur des supporteurs valenciens.