ENVOYÉ SPÉCIAL EN ESPAGNE DAVID LEHAIRE

VALENCE Comme à son habitude, il a passé l'entraînement en tête du groupe. Parfois, il a haussé le ton, histoire de donner le rythme. Santiago Canizares est ainsi fait. Leader naturel: «Je ne recherche pas spécialement à faire parler de moi mais mon rôle est de me faire entendre.»

Hier, le portier levantin ne s'est montré que deux heures après la fin du décrassage. Dans les travées de la Ciudad Deportiva, on aime à dire qu'il sort toujours des vestiaires le dernier. «Les supporters ne l'attendent même plus», sourit l'un des adjoints de Claudio Ranieri.

Canizares n'en a cure. Fan de voitures comme il l'est des excentricités, il apparaît dans un ensemble très tendance. L'homme fait attention à son look. Le visage fermé, il n'est pourtant pas sur la défensive: «Entre nos matches, nos voyages et nos entraînements, je passe mon temps à me reposer. Je ne parviens pas à me projeter dans l'avenir tant les échéances importantes s'enchaînent à la vitesse de l'éclair. Le rythme de travail auquel les Espagnols sont soumis est incompréhensible. Entre l' Euro et le début de la Liga, il y a eu cette tournée au Japon et trois matches avec l'équipe nationale. J'ai besoin de repos.»

Et dire que sa saison vient à peine de commencer! «Pour le moment, nous n'avons pas encore évolué à notre meilleur niveau. C'est logique. Ce n'est pas en septembre que l'on doit être parfait mais plus tard, quand les prix commenceront à tomber. Cette année, nous avons déjà rempli l'un de nos objectifs en gagnant la Supercoupe d'Europe.»

Depuis lors, celui qui est aussi célèbre pour sa couleur de cheveux blond platine est passé à autre chose. L'entrée de son club en Ligue des Champions contre Anderlecht se profile à l'horizon: «J'ai hâte que cela débute. Nous avons fait de cette épreuve notre principal but. Si, en plus, on peut reconduire notre sacre national, tant mieux. Mais j'avoue avoir un faible pour la Ligue des Champions. C'est ce qui se fait de mieux. Quel est le joueur qui n'est pas enthousiaste à l'idée d'affronter les meilleurs clubs du continent?»

Demain, Canizares et les siens accueilleront un adversaire que l'Espagnol avoue ne pas très bien connaître: «Nous n'avons pas encore étudié le jeu des Bruxellois. Mais je peux déjà annoncer que nous ne les prendrons pas de haut. Leur qualification pour la phase finale prouve qu'il faut faire attention. Ce ne sont pas des clowns. De toute façon, nous allons bien regarder la vidéo pour ne pas avoir de mauvaise surprise face à Anderlecht.»

S'il ne se souvient pas de la dernière fois qu'il a croisé la route d'une formation belge, le gardien de Valence dit se méfier de deux joueurs anderlechtois: «Je sais qu'ils ont deux bons attaquants: Mpenza et un... Africain dont je ne retiens jamais le nom» (NdlR: Aruna).

Canizares ne connaît pas davantage celui du président bruxellois, Roger Vanden Stock. À la question: «Anderlecht a-t-il une chance de gagner à Valence?», ce dernier a répondu: «Demandez-moi si la Belgique peut gagner la Coupe du Monde. C'est la même chose.» Une phrase qui fait sourire Canizares: «C'est marrant, les présidents ont souvent le don de sortir des choses à part. Cela dit, je crois qu'il le fait pour bien persuader tout le monde que ses joueurs n'ont pas de pression sur les épaules.»

© Les Sports 2004