Club Bruges 1

La Louvière 1

(tirs au but: 5-4)

CLUB BRUGES: Stijnen; De Cock (71e Cornelis), Maertens (46e Rozehnal), Clement, Van der Heyden; Serebrennikov, Simons, Ceh, Verheyen, Lange (65e Saeternes), Mendoza.

LA LOUVIÈRE: Proto; Blay, Arts, Siquet, Vervalle; Camus (86e Rogerio), Cooreman, Mamouni, Djamba-Shango (77e Tilmant), Odemwingie (66e Murcy), Ishiaku.

ARBITRE: M. Gumienny.

AVERTISSEMENTS: Mamouni, Djamba- Shango, Blay.

LES BUTS: 7e Vervalle (0-1); 56e Ceh (1-1).

TIRS AU BUT: Siquet... au-dessus (0-0), Simons (1-0), Cooreman (1-1), Ceh (2-1), Tilmant (2-2), Saeternes (3-2), Ishiaku (3-3), Mendoza (4-3), Mamouni (4-4), Cornelis (5-4).

BRUGES Thierry Siquet esquisse une moue un peu penaude: «A l'entraînement, j'en transforme... onze sur dix! Vendredi encore, je n'en ai pas loupé un seul. J'avais juste manqué un coup de réparation à Genk la saison dernière dans une rencontre plus cruciale que celle-ci. Je crois que je vais devoir changer de chaussures: les blanches ne me conviennent pas!»

Sobre et efficace tout au long d'une Supercoupe que son équipe aurait pu remporter mais que le public a boudée -3.268 spectateurs seulement!-, le capitaine louviérois s'est singularisé dans l'épreuve des tirs au but: inaugurant la série, il fut le seul à ne pas faire mouche.

Friand de trophées, le Club Bruges a donc ajouté une ligne, en minuscules, à son riche palmarès mais sa production inquiète toujours quelque peu ses partisans.

La Louvière n'a pas vraiment perdu mais elle a surtout plu. En première période, elle a même séduit: son impeccable organisation, qui ne ménageait aucune brèche à l'adversaire, sa remontée rapide et bien concertée du ballon et une prise de risques rationnelle avaient tari les sources d'imagination de champions poussifs incapables, une fois encore, d'insuffler de la vivacité et de la créativité à leurs ébauches d'offensives.

Joliment ciselé, le but d'ouverture illustra parfaitement à la fois la convaincante maîtrise collective de la formation hennuyère et, comme contre Monaco dans les Matines, la porosité de l'axe central de la défense brugeoise: une circulation fluide du ballon, sur le flanc droit, une judicieuse inspiration de Cooreman pour propulser l'incisif et vif Vervalle sur une voie royale et une concrétisation lucide de l'arrière gauche du club du Tivoli.

À La Louvière, chacun paraissait maîtriser son sujet dans la zone qui lui était assignée. Personne n'a débordé de son rôle mais personne n'a constitué non plus un maillon faible dans le puzzle, simple mais cohérent, échafaudé par Ariel Jacobs.

Les Louviérois ont davantage été bousculés à la reprise. Fustigés par Trond Sollied, les Brugeois les ont enfin refoulés, sans plus de ménagement, vers leur rectangle. Ils avaient opté pour leur arme de substitution: les longs services à destination, prioritaire, de Mendoza. La barre transversale du but de Proto trembla deux fois: à la 78e sur un essai réitéré de Mendoza et à la 83e sur un coup de tête de Verheyen. Auparavant, auteur d'une intervention très imparfaite, Proto avait dû concéder l'égalisation sur un coup franc, répété lui aussi, de Ceh, le meilleur spécialiste du championnat dans cet exercice spécifique.

Mais si les Louviérois plièrent, ils ne rompirent jamais. Stijnen avait même dû briller devant Arts à la 72e minute. Dans les arrêts de jeu, il avait enfin soupiré d'aise en actant la relative maladresse de Rogerio à la conclusion.

La Louvière n'a pas remporté la Supercoupe. Mais ses joueurs se sont forgé la conviction que, sur le plan sportif en tout cas, ils n'étaient pas promis à la galère cette saison...

© Les Sports 2003