Cinq matches du premier tour de l'Euro-2016, classés "niveau 3" sur une échelle de 4, feront l'objet d'un dispositif et d'une attention renforcés de la part des services de sécurité, pour prévenir tout débordement lié au hooliganisme.

Angleterre - Russie (le 11 juin à Marseille), Turquie - Croatie (le 12 juin à Paris), Allemagne - Pologne (le 16 juin au Stade de France), Angleterre - Pays de Galles (le 16 à Lens) et Ukraine - Pologne (Gr. C, le 21 juin à Marseille) feront en effet l'objet d'une vigilance renforcée, avec une attention toute particulière concernant Allemagne-Pologne, Turquie-Croatie et Ukraine-Pologne.

Comment a été dressée cette liste des équipes "à risques"? D'une part, il y a le "passif" de tel ou tel groupe de supporters: "Chaque rencontre internationale fait l'objet d'un compte-rendu de ce qui s'est passé, ce qui permet de voir l'évolution du comportement des supporters, comme par exemple l'émergence de leaders", a en effet souligne Antoine Boutonnet, chef de la division nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH), lors d'une conférence à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS).

Il y a aussi des critères empiriques, comme la taille de la délégation de supporters. Le contexte géopolitique compte aussi: "L'évolution de la situation entre Etats conditionne aussi un certain nombre de tensions entre supporters. Ce fut le cas lors de l'Euro-2012 en Pologne, où il y avait eu des rixes assez importantes impliquant la Russie", a encore expliqué Antoine Boutonnet.

Cette année encore, les motifs de tension éventuelle sont nombreux, puisque l'Ukraine et la Russie se sont qualifiées pour la compétition.

La France garde un souvenir traumatisant du hooliganisme: lors du Mondial-98, en marge du match Allemagne - Yougoslavie, le gendarme mobile Daniel Nivel avait été agressé par des hooligans allemands à Lens. Grièvement blessé, il avait fait plusieurs semaines de coma et a gardé de sévères séquelles.

Pour la lutte contre le hooliganisme, 200 policiers de 23 pays ont été mobilisés et un Centre de coopération policière international (CCPI) sera mis en place. Deux fonctionnaires étrangers pour chaque équipe siègeront au CCPI.

Les éventuels affrontements entre supporters ne sont cependant pas la principale préoccupation des organisateurs: "Très honnêtement, les risques liés au hooliganisme sont très nettement secondaires par rapport aux risques terroristes", avait en effet affirmé le président du comité d'organisation, Jacques Lambert, en décembre.

C'est ainsi que le dispositif anti-terroriste prévoit un imposant et inédit déploiement de sécurité (77.000 fonctionnaires du ministère de l'Intérieur) face à la menace d'un attentat !