Ce soir, Barcelone et Manchester United, deux grands animateurs de la Ligue des champions durant le XXIe siècle, pourraient quitter la scène avant le dernier carré. Qui de Fellaini, Courtois et Van Buyten continuera l’aventure en C1?


Bayern Munich - Manchester United

ManU et Moyes au bord du gouffre

A force d’avoir tutoyé la médiocrité pour sa saison inaugurale à Old Trafford, David Moyes risque d’entamer la suivante sans Ligue des champions pour la première fois depuis 1995/96, à moins que Manchester United ne remporte la finale. Autant dire que cela relève de "Mission impossible", terme qui s’applique d’ailleurs dès le quart de finale retour mercredi en Bavière tant les Red Devils ont été dominés chez eux malgré leur nul (1-1) il y a une semaine face au Bayern Munich, tenant du titre.

Si le champion d’Angleterre en titre, pour encore quelques semaines, se retrouve en aussi mauvaise position, il le doit paradoxalement autant à son actuel entraîneur… qu’au précédent. C’est en tous cas ce qu’estiment maintenant quelques experts de l’histoire mancunienne qui commencent à associer "Sir Alex Ferguson" au fiasco actuel. Malgré toute sa grandeur, sa légitimité et son palmarès, l’autre Ecossais est "accusé" d’avoir privilégié la nationalité plus que la compatibilité de Moyes avec la maison rouge lors d’une succession un peu bâclée qu’il a personnellement dirigée.

Certains se demandent si Moyes, après onze ans d’un travail honorable mais assez obscur à Everton, était fait pour la lumière que réclame l’histoire noble d’United. D’autres voudraient savoir si Ferguson avait "intérêt" à faire entrer dans la bergerie une pointure qui aurait limité son influence. A cinq matches de la fin, MU est donc septième avec 57 points, sept de moins que le quatrième qui disputera le tour préliminaire de C1 en août.

Avec déjà dix défaites, les Mancuniens sont certains de faire la pire saison du club dans toute l’histoire de la Premier League. Depuis sa création officielle en 1992, ils ont en effet toujours été sur le podium. Il s’agirait également de la première saison sans breloque d’aucune sorte depuis 2004/2005.


Atletico Madrid - Barcelone

Simeone, un vrai guerrier

Tout a commencé par un discours. Simple. Clair. Net. Précis.

Quand le 23 décembre 2011, Diego Simeone dirige son premier entraînement avec un Atletico Madrid souffreteux, la thérapie commence par des mots. "On s’est réuni dans le vestiaire et je leur ai dit que je connaissais parfaitement ce club et les besoins des supporters" , a-t-il narré dans le magazine espagnol "Jot Down Cultural".

"Je leur ai fait comprendre d’entrée que la seule chose qui ne se négociait pas à l’Atletico, c’était les efforts, la grinta. Je leur ai fait prendre conscience qu’il fallait serrer les dents et je leur ai expliqué que moi aussi, j’avais connu des moments difficiles avec ce club mais que j’avais été sacré champion d’Espagne l’année suivante. On est passés de la lutte pour le maintien à un doublé historique. Je leur ai expliqué tout ça et puis on est allés sur la pelouse pour s’entraîner. Là, les gens m’applaudissaient, je me suis retourné vers mes joueurs : ‘Regardez-les, ils m’applaudissent aujourd’hui mais à une époque, ils m’ont insulté. Vous aussi vous pouvez retourner cette situation.’ "

Ce que ses hommes ont fait sans doute bien au-delà des espérances de l’Argentin au point d’aborder en ballottage favorable un quart de finale retour de Ligue des Champions face au FC Barcelone tout en étant leader en Liga.

Lui qui avait débarqué en catastrophe avec l’étiquette d’un pompier de service s’est mué en un bâtisseur hors pair qui a su donner à son équipe une vraie identité de jeu en parfaite adéquation avec l’ADN de l’Atletico qui selon lui repose sur cinq piliers qu’il définissait de la sorte dans Marca : "agressivité, intensité, passion, contre attaque et défense forte."

Une identité qui prime aux yeux de Simeone comme il le soulignait à l’issue du match : "Ce groupe de joueurs a un cœur énorme. Au-delà du résultat, cela me rend très fier, c’est une équipe qui ne renonce pas à son jeu, qu’il plaise ou non."

Et celui-là ne plaît pas à tout le monde. Après le derby très musclé le 2 mars (2-2), Carlo Ancelotti a qualifié l’Atletico d’équipe "hyper agressive" .

Simeone, lui, préfère parler "d’intensité" et le rappelle souvent à ses hommes : "La frontière entre la victoire et la défaite est mince mais plus on se bat, plus on a de chances de basculer du bon côté." Il n’hésite pas à innover. Avant le match face à l’Athletic Bilbao fin mars, il a ainsi demandé à la skieuse paralympique Irene Villa, une grande figure du sport espagnol, de s’adresser à ses hommes.