Analyse

La Commission belge d’arbitrage du sport (CBAS) a ordonné à l’Union belge de football de faire jouer la rencontre Charleroi-Cercle de Bruges, qui n’avait pu se dérouler le 4 décembre, en raison du caractère impraticable de la pelouse. Le match devra être joué avant le début des playoffs.

A la suite de cette remise, le Sporting de Charleroi (qui a limogé, jeudi, son entraîneur, voir par ailleurs) s’était vu infliger une défaite sur un score de forfait (0-5) par le comité sportif de l’Union, décision confirmée deux fois. Charleroi s’était tourné en vain vers la justice civile avant de saisir, en dernier recours (en Belgique), la CBAS.

La décision de la CBAS, dont les attendus seront communiqués plus tard, est sans appel. La commission du calendrier s’est réunie jeudi pour fixer la date du match, soit ce mercredi 23 mars.

1 Conséquences. Cette décision permet au Sporting Charleroi, actuel dernier du classement, d’espérer se sauver d’office. Charleroi est actuellement 16e avec 18 points, le Lierse 15e avec 23 points (4 victoires) et Eupen 14e avec 23 points (5 victoires). Si Charleroi gagne ses deux confrontations (contre Westerlo et le CS Bruges) et si Eupen et le Lierse devaient perdre (ou même partager) à Malines et contre le FC Bruges, les Zèbres (quatre victoires à ce jour) "coifferaient" leurs deux rivaux. Les deux derniers du classement disputeront les playoffs 3 pour éviter la descente en division 2.

2 Réactions. Pierre-Yves Hendrickx, le secrétaire général du Sporting de Charleroi, a réagi à la nouvelle "avec plaisir mais sans euphorie". "Cette décision va remotiver le club. Au moins, nous aurons joué le même nombre de matches que tout le monde. C’est le plus important. Autrement, on aurait eu l’impression de ne pas avoir eu toutes nos chances", a-t-il déclaré. Pour M. Hendrickx, "maintenant, c’est à tous nos joueurs de prouver quelque chose. D’abord à ceux qualifiés depuis janvier contre Westerlo, puis ensuite à ceux qui étaient qualifiés début décembre face au Cercle."

De son côté, le Cercle de Bruges s’est déclaré surpris par la décision de la CBAS, mais dit "la respecter le cœur lourd". Le Cercle, toujours en lice en Coupe de Belgique, ne contestera pas cette décision devant la justice civile.

3 Rétroactes. Le week-end des 4 et 5 décembre, se dispute la 18e journée du championnat de D1. Au menu, un certain Sporting de Charleroi-CS Bruges. La météo est exécrable. Neige et gel sont au programme. L’arbitre Gaetan Simon, constatant que le terrain, verglacé, est impraticable, remet la rencontre. Il relève aussi l’absence de tout système de chauffage. Le Cercle de Bruges se plaint auprès de la fédération. Le comité sportif de l’Union Belge décide, le 20 décembre 2010, d’infliger un score de forfait au Sporting. Il constate que le club n’a pas respecté les exigences de la Ligue Pro dont les statuts stipulent qu’un "club doit disposer d’un système de chauffage (sous-sol ou bâche) dès la première rencontre de la saison". Charleroi est en tort sur ce point et n’a pas demandé d’exemption, comme les statuts l’y autorisaient, observe le comité sportif. En cause : la livraison tardive d’une bâche chauffante louée par la Ville. Le fournisseur français, piégé par l’état des routes enneigées de l’Hexagone, n’a pu livrer la bâche que le 6 décembre, le surlendemain du match remis. Devant le comité sportif, l’échevine des Sports, Ingrid Colicis, plaide, en vain, que si retard il y a eu, c’est parce que la Ville, en lançant un appel d’offres, avait tenu à respecter la législation.

4 Appel. Le Sporting interjette appel de cette décision et, fin janvier, le comité d’appel de l’Union Belge juge cet appel recevable mais non fondé. Il rejette le cas de force majeure invoqué car, entre le mois d’août et le mois de décembre, "le club avait tout le loisir de trouver une solution".

5Evocation. Mi-février, la commission d’évocation de l’Union Belge, saisie par le club carolo, juge recevable mais non fondé le recours du Sporting.

6 Justice. Le club n’a pas attendu cette décision pour saisir la justice civile. Le 8 mars, le tribunal de première instance de Bruxelles, siégeant en référé, admet l’urgence et juge la requête recevable avant de la considérer comme non fondée.

7 Arbitrage. Abbas Bayat joue une cartouche supplémentaire Il introduit un recours devant la Commission belge d’arbitrage du sport (CBAS) du Comité olympique interfédéral belge. Les plaidoiries ont lieu le mercredi 16 mars. Charleroi a retenu l’ancien joueur devenu avocat, Laurent Stas de Richelle, l’Union Belge a opté pour Frédéric Carpentier. Tous deux ont demandé à Jean-Claude Geus d’être leur collègue. On sait comment ils ont tranché.