Il y a des comparaisons qui sont troublantes. Celle entre la Belgique et la Colombie, deux nations qui montent sur la scène internationale du football, en est un exemple. Comme quoi, dans le monde du ballon rond, il y a des formules qui marchent. Des moments difficiles à la passion de tout un peuple, les deux pays sont passés par les mêmes stades. Cinq points évoquent cette ascension vers les sommets.

Des années noires

Pour les deux nations, tout a commencé par des années de disette. En Belgique, comme en Colombie, les victoires étaient rares, les supporters ne s’intéressaient plus à l’équipe nationale et celle-ci ne participait plus aux grandes compétitions. Si la Belgique n’en a plus connues depuis 2002 et la Coupe du monde en Corée et au Japon, le constat n’est pas meilleur en Colombie. Absents du Mondial depuis… 1998, les Colombiens n’ont jamais brillé en Copa América . Ils ont terminé quatrième en 2004, n’ont pas passé le premier tour en 2007 et ont été éliminés en quart de finale en 2011.

Une génération dorée

Vint ensuite, une génération en or. Des joueurs qui se connaissent depuis toujours dans les équipes nationales. En Colombie, il s’agit de la génération 86. Ils sont aujourd’hui âgés de 27 ans. "La force de la Colombie, c’est que les joueurs évoluent ensemble depuis plusieurs années et ont commencé à jouer ensemble à un jeune âge , nous dit Luis Guillermo Montenegro, journaliste qui suit l’équipe nationale pour "El Espectador" . Est-ce la meilleure génération en Colombie ? C’est un débat chez nous. Parce qu’on disait déjà cela de celle des années 90, avec Carlos Valderrama, Freddy Rincon et Faustino Asprilla. Ils ont écrit l’histoire parce qu’ils se sont qualifiés pour la Coupe du monde trois fois d’affilée (Italie 1990, USA 1994 et France 1998). Mais cette génération a cet avantage : presque tous les joueurs évoluent en Europe…"

La Belgique connaît le même phénomène. Désormais, les Diables évoluent dans les grands championnats. Et la génération est bel et bien dorée.

Un homme, une mentalité

Pour chapeauter ces talents, la Colombie et la Belgique ont eu la chance d’avoir une ou plusieurs personnalité(s) forte(s) pour donner de la consistance à l’équipe. "Le secret de la transformation de notre équipe, c’est le travail de José Pekerman , dit Montenegro. Quand il est arrivé en 2012, tout a commencé à changer. Il a modifié la manière de travailler et la mentalité des joueurs. Il a aussi commencé à utiliser les joueurs à leur meilleure position, où ils étaient les plus efficaces. Par exemple, Radamel Falcao avait l’habitude de jouer au milieu, mais maintenant, avec Pekerman, il joue devant, comme en club."

Chez, nous cette mentalité a été instaurée d’abord par Dick Advocaat, ensuite par Georges Leekens. Et Marc Wilmots fait désormais l’unanimité. Rassembleur, le sélectionneur était la pièce manquante.

Une ambiance, des amis

Ces entraîneurs ont donné une nouvelle dynamique aux groupes. On le sent dès qu’ils se retrouvent : les Diables sont des amis et s’entendent sur, comme en dehors du terrain. "C’est la même chose en Colombie , poursuit le journaliste colombien. Beaucoup de joueurs se connaissent parce qu’ils jouaient ensemble en U17 et en U20 . "

Comme la Belgique, la Colombie est donc aussi composée d’une bande d’amis, qui apprécient de jouer ensemble.

Un peuple derrière son équipe

Les résultats des équipes nationales ont fédéré les supporters des deux nations. Les Diables peuvent compter sur tout un pays pour les soutenir. Et la Colombie connaît le même engouement. "Après seize ans sans Coupe du monde, la population avait perdu l’espoir , conclut Montenegro. Mais, désormais, tout le monde y croit à nouveau et tout le pays est uni autour de l’équipe nationale. Par exemple, la Colombie a eu ses meilleures assistances contre l’Argentine, l’Uruguay, l’Equateur et le Chili." Corentin Simon