Cet affrontement dans la cité frontalière ne suscite généralement pas les passions. Le dernier match en date n'a pas échappé à la règle. Et une fois de plus, la logique fut respectée : pour la troisième fois consécutive, Mouscronnois et Molenbeekois n'ont pu se départager. Maintenant, qu'on soit dans un camp ou dans l'autre, l'analyse est bien différente.

Penchons-nous d'abord sur le cas des Hurlus. Après un premier tiers de compétition disputé dans la peau de la révélation, Steve Dugardein et ses partenaires semblent tirer la langue et marquent le pas. Ils viennent d'engranger deux unités sur les neuf dernières mises en jeu en championnat et se sont fait sortir, entre-temps, de la Coupe par les voisins courtraisiens. Face aux Bruxellois, ils pourront toujours invoquer le forfait de dernière minute du meilleur buteur de la compétition, Bertin Tomou. Mais cela ne peut cacher tous les manquements offensifs. Et ce, sans faire injure à l'excellente prestation défensive livrée par les visiteurs et les interventions déterminantes de Michaël Cordier. La sonnette d'alarme est loin de retentir à Mouscron, mais il serait bon de redresser la barre.

Dans le camp opposé, ce partage, arraché via le pied d'un Matumona Zola retrouvé depuis la fameuse affaire dont il fut à l'origine, a pris des allures de succès. Surtout que la bande à Albert Cartier a retrouvé pour l'occasion ses vertus dont elle a tant besoin : organisation, combativité et solidarité. Ce n'était pourtant pas évident vu la nouvelle pression imposée par la direction, les conditions actuelles de travail (plus aucun terrain d'entraînement utilisable hormis le synthétique), le nombre d'absents sans cesse croissant et la situation au classement. Mais ceux qui prétendaient que le groupe se fissurait et que le soutien à l'entraîneur n'était plus total ont reçu une belle gifle en pleine figure. Tout n'est pas résolu, mais le 4 sur 6 engrangé devant Dender et à Mouscron laisse augurer de meilleurs lendemains.