Comme la majorité des supporters belges, la presse belge est assez déçue du match de nos Diables. Une partie des quotidiens est assez mesurée dans ses propos, l'autre l'est moins et procède même à une attaque frontale sur Wilmots. Le plus grand sujet à débat est sûrement l'association entre De Bruyne et Hazard.

D'entrée, Het Laatste Nieuws se pose une question: "Comment peut-on faire jouer aussi mal d'aussi bons footballeurs?" Le quotidien dit qu'il n'y avait aucune inspiration sur le terrain et que Marc Wilmots était la seule personne satisfaite du match.

Pour HLN , il est grand temps d'agir: "Le coach doit adapter ses entraînements. Donc, s'entraîner plus efficacement et surtout envoyer les joueurs au combat avec un plan clair en tête." C'est surtout l'association entre De Bruyne et Hazard qui pose problème aux yeux du quotidien. "Hazard semble ne pas être très préoccupé par certaines consignes tactiques" , peut-on lire dans les colonnes de HLN . Pour appuyer sa thèse, le journal cite De Bruyne qui a affirmé après le match " que les joueurs se sont marchés sur les pieds ."

Le Soir part dans une autre direction en affirmant justement que Hazard ("le plus virevoltant sur la pelouse") était trop esseulé. "Il a prêché seul dans le désert. Sans appui du n°9 (Oirigi puis Benteke), sans aide extérieure (De Bruyne était en dedans et Chadli effacé) et sans appui venu de derrière (Fellaini fut particulièrement brouillon), le petit ailier de Chelsea n'a pu dynamiter qu'un périmètre trop restreint pour espérer créer une brèche intéressante pour ses coéquipiers." Le Brainois, lauréat du Devil of the match, a été crédité d'une note de 7,5. Mais Thibaut Courtois ("Rassurant dans ses prises de balle aériennes et apte à maîtriser un ballon de la tête sous pression") a malgré tout obtenu une meilleure note, en l’occurrence un 8.

"Les Diables Rouges en plein complexe de stérilité" , titrent les éditions de L'Avenir . Et le quotidien enchaîne directement: "L'absence d'efficacité d'une équipe aussi dominatrice pose question." Comme la majorité des quotidiens, L'Avenir met en opposition la déception des fans et des journalistes et les propos de Wilmots qui relativise la défaite. Le journal parle également de Witsel qui a retrouvé le poste de n°6. Un poste que le joueur apprécie que très moyennement. Mais il est bien obligé de l'occuper, "parce qu'il est fort et faute d'un suppléant qui tienne suffisamment la route."

Tandis que pour Gazet van Antwerpen le mot d'ordre c'est "pénible" , pour Het Belang van Limburg c'est plutôt "médiocre" . Dans son édito, le journaliste du Belang Kristof Liberloo se dit évidemment déçu. "Trop peu de tempo, trop peu d'idées, trop peu de réflexions." Mais malgré le mauvais match, il donne raison à Wilmots en disant qu'il ne faut pas paniquer. Dans ce sens, il cite un journaliste néerlandais: "Les Diables Rouges ont perdu qu'une seule fois en 2014. C'était le match contre l'Argentine en quart de finale du Mondial. Et maintenant, vous les Belges, vous faites de ce match une tempête dans un verre d'eau?"

Het Nieuwsblad est pour sa part assez pragmatique sur la une de son cahier sportif: "Pas de tempo, pas de goals, pas de trois points." Tout de même, le "chef football" du quotidien relève quelques points positifs: "Eden Hazard était bien mieux dans son match que la star de l'autre équipe, Gareth Bale. Ensuite Witsel était bon en tant que régulateur. Et la défense peut également être créditée d'une bonne prestation." Le quotidien dit également qu'il ne faut pas (encore) paniquer, même s'il est évidemment conscient que l'équipe a brûlé son dernier joker: "Il faut absolument gagner les prochaines rencontres contre Chypre est en Israël. Sinon, l'Euro risque de devenir une mission périlleuse."


L'analyse de La Libre

© Photonews
  Ce point a assurément un goût bien plus amer pour les Diables. Avec ce 5 sur 9, ils ont déjà perdu autant de points en trois rencontres que sur l’ensemble de la campagne qualificative pour le Brésil. Faut-il s’inquiéter pour les résultats ? Certainement pas : les Diables vont se qualifier pour l’Euro. Mais pour ce qui concerne le jeu, il y a un net coup de mou. Les lendemains de Mondial ne sont pas faciles à gérer et Marc Wilmots a du mal à relancer la machine.

Qu’a-t-il donc manqué aux Diables pour se rassurer et aller chercher cette victoire contre les Gallois ?

Le manque de réussite

Malgré un jeu souvent poussif, il y a eu plusieurs ballons très chauds devant le but gallois et pour le même prix, les Diables auraient marqué. Lombaerts a aussi été malchanceux avec sa frappe sur le cadre. Mais cette absence de réussite n’explique pas tout.

Le manque de rythme

Par moments, on s’est dit que pour voir du spectacle, il aurait mieux fallu aller voir Stromae au Palais 12. Les Diables n’ont appuyé sur l’accélérateur qu’en toute fin de partie et cela a tout de suite engendré des situations dangereuses. Pourquoi ne pas l’avoir fait plus tôt ? Pour faire mal à une défense fatiguée, c’est important de mettre du rythme. Les Diables ne l’ont pas suffisamment fait.

Le manque d’inspiration

Le contraste était assez flagrant. Eden Hazard était dans un très bon jour et a tenté tant et plus. Mais il a été trop seul. Les Diables ont manqué de créativité, de combinaisons et de mouvement. Trop souvent, ils ont tenté de faire la différence avec de longues courses balle au pied. Au final, ils s’y sont époumonés.

Le manque de surprise(s)

Depuis la Coupe du Monde, la Belgique est encore plus attendue. Et se heurte à des défenses encore plus regroupées. Il faut dès lors tenter de surprendre. Ce ne fut pas le cas hier. Mais ce n’est pas simple. Le onze de Marc Wilmots tenait la route. Ses changements aussi. Mais ça n’a pas suffi. Le jeu des Diables manque très clairement de surprise(s). Le sélectionneur national a désormais jusqu’au 31 mars, date du déplacement en Israël, pour y réfléchir.