Football

Mirallas après Hazard ? Le deuxième Eden est sur le point d’exploser

Au centre de formation de Luchin, un entraîneur leur colla un jour le surnom de "frères siamois". Même format, mêmes pièces détachées (technique, vitesse, dribble aisé) : Eden Hazard et Kevin Mirallas devaient, disait-on, emprunter les mêmes sentiers et forcer les mêmes portes de la gloire. A charge pour Mirallas, en frère aîné, de montrer la voie à suivre.

Les destins se seront pourtant croisés (Mirallas rejouant l’air du "up and down" entre Saint-Etienne et l’Olympiakos tandis qu’Eden Hazard s’envolait) avant de se rejoindre sur le sol anglais : "Malheureusement, on est un peu loin l’un de l’autre. Everton et Chelsea, ce n’est pas la porte à côté mais on essaie de se voir de temps en temps. Et puis, j’ai Eden au téléphone tous les jours, vous savez. C’est quelqu’un que je connais depuis longtemps. Je savais que chez les Diables, il finirait par exploser. Il fallait juste lui donner un peu de temps et lui offrir les clefs du jeu. Eden a parfois besoin d’un bon coup de pied au cul. On a fait ce qu’il fallait." (Sourire.)

Reste qu’à l’ombre d’Eden, Kevin Mirallas a lui aussi déposé sa carte d’identité dans le viseur de tous ceux qui l’avaient quelque peu oublié. Une prestation fracassante en février face à la Slovaquie et une entrée trois étoiles face à la Macédoine auront permis à l’ancien locataire du Standard de justifier la discussion "à bureau fermé" qu’il avait lui-même exigée auprès de Marc Wilmots : "Je suis content d’avoir pu parler longuement avec le sélectionneur. J’ai compris qu’il comptait sur moi. C’est pour cela que je savais que j’allais jouer. De toute façon, quand vous voyez cette équipe, vous ne pouvez qu’être content d’être là. Un Lukaku n’est même pas monté : cela en dit assez."

Délégation anglaise

Nettement supérieur à Dries Mertens, Mirallas aura mardi rajouté à sa classe naturelle la clairvoyance patiemment apprise du côté d’Everton et du championnat anglais : "Et pourtant, je sais que je peux faire beaucoup mieux que ça. Il ne faut pas oublier qu’avec toutes ces blessures, je n’ai finalement joué qu’une demi-saison. J’aimerais bien que quelqu’un comme Chadli nous rejoigne maintenant en Angleterre. Je ne fais pas de lobbying, mais comme on me demande parfois mon avis, je ne me prive pas de le citer." (Sourire.)

Le convoi anglais des Diables (9 joueurs dans le onze de base) pourrait encore se rallonger

Trop de talent ou trop de fortes personnalités ?

Il faut savoir mesure garder. Boudeur à sa sortie du terrain, Dries Mertens - auteur mardi d’une première mi-temps médiocre au sens premier du terme - aurait sans doute mieux fait de la boucler. Réclamant au sélectionneur une explication sur son remplacement, le joueur de poche du PSV aura proprement été remis à sa place par le chef de tribu au moment du débriefing de mercredi : "Je ne vois pas pourquoi je lui donnerais une explication , a rétorqué Wilmots. On avait attendu plus de réussite de sa part dans les situations d’un contre un. Cela dit, il a bien fatigué le back droit macédonien et Hazard en a ensuite profité "

L’affaire en restera sans doute là. Personne ne souhaitant réellement rajouter de l’huile sur un feu à peine composé de deux trois braises inévitablement réveillées par l’euphorie entourant les Diables actuels.

Car au côté d’un Mertens, déjà retombé sur les deux pieds sur les planchers quelques heures après le match (sa compagne s’étant par ailleurs fait remarquer de son côté en annonçant deux heures avant le match sur radio que le petit Dries serait titularisé), un autre cador semblait mardi soir tirer la tête des mauvais jours. Condamné à s’échauffer pendant 45 minutes sans monter au jeu, Romelu Lukaku n’aura heureusement pas eu le temps d’analyser la prestation moyenne d’un Christian Benteke que chacun le voyait déjà remplacer : "Vital Borkelmans et moi avons été joueurs et nous comprenons parfaitement sa frustration. Cela aurait été inquiétant qu’il ne réagisse pas ! Je tiens toutefois à souligner qu’il a fait beaucoup de progrès ces derniers temps. Devant, il y a une très grosse concurrence."

Une concurrence dont un certain Marouane Fellaini fera à l’avenir les frais; le joueur d’Everton ayant lui même décidé de décliner le rôle de soutien d’attaque que Marc Wilmots lui avait initialement réservé : "Soyons clairs, Marouane n’a pas demandé à être sur le banc. Il m’a juste dit qu’il ne se sentait pas épanoui en position de deuxième attaquant, qui est la sienne à Everton. Il jouera donc en n°6 ou en 8. Mais Marouane a un cœur plus gros que le bâtiment de l’Union belge. Il sera très important pour les Diables dans les années à venir." Gérer les égos et les susceptibilités : la mission première du sélectionneur semble désormais bien plus proche des couloirs que du terrain. Où l’essentiel du travail paraît déjà fait