L'Afrique du Sud a donné vendredi le coup d'envoi du Mondial de football sans son premier président noir Nelson Mandela, qui a renoncé à participer à la cérémonie d'ouverture après la mort de l'une de ses arrière-petites-filles dans un accident de voiture. Toute la matinée et à la mi-journée, des dizaines de milliers de personnes, drapées dans les drapeaux de la nation arc-en-ciel, ont afflué dans un vacarme de vuvuzelas et de klaxons vers le stade de Soccer City, à Johannesburg, où la cérémonie d'ouverture a débuté à 14h00 (12H00 GMT).

La circulation était complètement bloquées sur les artères de la capitale économique. L'atmosphère était toutefois endeuillée par le décès de Zenani Mandela, 13 ans, tuée alors qu'elle rentrait d'un méga-concert organisé jeudi soir à Soweto pour lancer les festivités de la Coupe du monde. La voiture dans laquelle elle se trouvait s'est retournée sur l'autoroute à Johannesburg. Le chauffeur du véhicule, un proche, a été arrêté et inculpé de conduite en état d'ivresse. Il devait être présenté à la justice dans la journée. "La mort soudaine de l'arrère-petite-fille de Mandela nous affecte tous. Toute la nation est en deuil", a commenté Mike Sithole, un supporteur venu de la capitale, Pretoria, pour le match Afrique du Sud-Mexique à 16h00 (14H00 GMT). En deuil, Nelson Mandela, qui devait assister à une partie de la cérémonie malgré le froid hivernal et ses 91 ans, a décliné l'invitation. "Il serait inapproprié dans ces circonstances qu'il assiste personnellement aux célébrations pour l'ouverture de la Coupe du monde", a expliqué sa Fondation.

Le président de la Fifa, Sepp Blatter, lui a transmis ses condoléances. "Toute la famille du football partage votre deuil", a-t-il déclaré. "La Nation est en deuil en ce jour qui marque l'aboutissement de votre rêve avec l'ouverture de la première Coupe du monde sur le sol africain", a ajouté le président Jacob Zuma. L'implication du héros de la lutte anti-apartheid a été décisive dans l'attribution du Mondial à l'Afrique du Sud, qui compte sur cette grand-messe sportive pour couronner les progrès accomplis depuis la chute du régime raciste il y a seize ans. "Nous voulons dire au monde que cette chenille laide, si laide, que nous étions, est devenue ce papillon si joli, si joli!", a lancé le Nobel de la Paix Mgr Desmond Tutu, lors du concert de pré-ouverture.

Depuis quelques jours, le pays est transcendé par la ferveur nationale: Blancs, Noirs, indiens et métis se drapent tous dans les drapeaux sud-africains ou revêtent les vert et or du Onze national. Pour le chef du comité local d'organisation (Loc), cette fièvre devait culminer vendredi lors du match d'ouverture. "C'est comme le jour où Nelson Mandela a été libéré de prison: tout le pays va s'arrêter", a-t-il prédit vendredi matin. Pour empêcher qu'un incident ne vienne ternir l'ambiance, les forces de l'ordre ont déployé un dispositif imposant autour de Soccer City, où sont attendus près de 85.000 supporteurs, une vingtaine de chefs d'Etat et le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. "Nous sommes en état d'alerte maximale", a déclaré le chef de la police Bheki Cele. Environ 34.000 agents seront sur le site et une dizaine de milliers de militaires de réserve peuvent être appelés en renfort. Dans la soirée, l'attention se déplacera autour du stade de Green Point au Cap pour le match France-Uruguay, qui débute à 20h30 (18H30 GMT).