ÉCLAIRAGE

Lommel en demi-finale de la Coupe, le Cercle de Bruges forçant le tenant du titre à un replay: résultats logiques, exploits ou tournure naturelle liée à l'évolution du football qui rend cette compétition désuette par rapport aux autres?

A première vue, à examiner les noms des huit participants aux quarts de finale, on trouve de sérieuses raisons de s'inquiéter pour la Coupe. La moitié (au moins) des équipes ne peuvent être considérées comme des formations en vue au sommet de notre compétition.

Les meilleurs se désintéresseraient-ils d'un trophée pour mieux se concentrer sur le championnat (ou l'Europe pour les phalanges concernées)? Il est vrai que ce dernier est tellement serré qu'une semaine plus calme pour peaufiner certains aspects, tactiques ou autres, au lieu de préparer une rencontre spécifique peut sembler très utile.

Mais ce n'est qu'une vue de l'esprit. Qui n'est pas celui du sportif. Car lui, il pense surtout à la victoire. Et très peu de footballeurs se plieraient à l'idée de laisser tomber une compétition pour mieux se concentrer sur une autre.

Cela arrive cependant régulièrement... à moitié. Mais ce n'est pas en Belgique. En France, en Italie et en Angleterre, certains clubs au noyau plutôt riche ont une équipe pour l'Europe, une équipe pour le championnat et une autre pour les coupes (des joueurs peuvent bien entendu prendre part à plusieurs compétitions). Toutes ne sont pas du même niveau, ce qui explique certains résultats considérés comme des surprises. Cela s'était notamment fortement remarqué au début des années 90 avec l'ambitieuse formation de Marseille. Et c'est encore actuellement le cas en France où on aligne régulièrement de moins bon joueurs en coupe de la ligue (à coup sûr) ou en coupe.

Mais ici, ce n'est pas le cas, chacun considère la Coupe avec l'importance qui lui est due. Et, l'argument du championnat serré sert plutôt à expliquer pourquoi il reste aussi peu d'équipes ambitieuses à ce stade de la compétition. Comme presque tout le monde peut battre presque tout le monde, les surprises (qui ne sont finalement pas énormes) n'appartiennent pas aux exceptions.

Le hasard s'en mêlant, quelques clubs sont épargnés par le tirage au sort. Cette année, on ne peut pas dire que Lommel ait eu un parcours difficile. Hormis un déplacement chez des Alostois moribonds début novembre, l'équipe qui domine outrageusement la D 2 a affronté ses 4 autres adversaires (US Centre, Patro, La Louvière et Lokeren, qui ne sont pas des foudre de guerre) à domicile.

Quant au Cercle de Bruges, avant d'affronter Genk, il a été opposé à Lovendegem, Tournai, Courtrai et Meldert.

En fait, pour un club de division inférieure, il est tout aussi difficile d'arriver en seizième de finale. Effectivement, c'est à ce stade qu'entrent en jeu les 18 formations de l'élite. Il reste donc, vous aurez fait le compte, 14 places pour les rescapés. Il n'y a pas si longtemps que ça, les équipes de D 1 commençaient le dernier dimanche d'août, en 32e de finale, à la joie des 46 autres clubs (surtout des plus petits), rêvant d'exploits, comme quand Libramont élimina le grand Antwerp.

Tout semble donc mis en place pour qu'un club de première division inscrive son nom au palmarès de l'épreuve. Un atout pour eux, même si certains ne s'en rendent pas compte, car la Coupe, c'est l'autoroute vers l'Europe: cinq équipes à battre avant de prendre la sortie Uefa... si elle est ouverte. Effectivement, depuis la disparition de la Coupe des Coupes, il faut remporter le trophée pour avoir le droit de monter sur la scène continentale.

La Coupe est une voie rapide semée d'embûches dont une seule équipe peut emrunter l'issue.

© La Libre Belgique 2001