Pour l’avocat de Martinez, la Fédération belge est responsable de son départ : “Ils ont envoyé un signal que quelque chose n’allait pas”

Jesse De Preter est revenu sur le départ de Roberto Martinez après l'échec à la Coupe du monde 2022 des Diables rouges.

Gilles Joinau
 Roberto Martinez est resté positif jusqu’au dernier coup de sifflet de son dernier match.
Roberto Martinez est resté positif jusqu’au dernier coup de sifflet de son dernier match. ©BELGA

79 rencontres, 56 victoires, 13 nuls et 10 défaites. Voilà le bilan de Roberto Martinez a la tête des Diables rouges depuis son intronisation en 2016 après un Euro chaotique. Après un Mondial tout aussi décevant, le Catalan a choisi de rendre son tablier.

Deux visions sont possibles après ce mandant de six ans : le verre à moitié plein ou à moitié vide. Les premiers diront que l’ancien coach d’Everton a fait passer les Diables dans une autre sphère en atteignant le dernier carré d’une compétition en obtenant le meilleur classement de l’histoire du pays. Les seconds expliqueront qu’il n’a absolument rien gagné avec une génération qui en avait l’étoffe, surtout en 2018.

Pour les joueurs, la question ne se pose pas : Martinez a abattu un boulot considérable. Un travail pas apprécié à sa juste valeur par la fédération selon son avocat. En effet, Jesse De Preter s’est exprimé à propos du départ de l’entraîneur. Pour lui, l’URBSFA n’est pas blanche comme neige à propos de cette décision.

”D’abord, la Fédération a annoncé qu’elle voulait le prolonger. Ensuite, elle ne le fait pas. Du coup, vous envoyez alors un signal indiquant que quelque chose ne va pas”, a-t-il expliqué aux micros de Sporza.

De Preter était l’un des rares à savoir que celui qu’il considère comme “l’un de ses rares amis dans le football” allait partir à l’issue de la compétition, qu’importe le résultat. “Pour cette indécision, je blâme la fédération. Pour une prolongation, il faut que la volonté vienne des deux parties. Lorsque la fédération est gérée de cette manière, on obtient des incompréhensions comme celle-la.”

De Preter estime que la Fédération a manqué de respect envers son client. “Roberto est un entraîneur qui se respecte”, a-t-il poursuivi. “Après ces six dernières années, il pensait avoir une relation plus étroite avec les dirigeants. Ensuite, il a pris une décision par vous-même, en toute bonne conscience.”

”Comment renouveler une équipe avec un contrat qui expire ?”

Les détracteurs de Roberto Martinez estiment qu’il n’a pas réussi la transition générationnelle. Pour Jesse De Preter, la situation contractuelle de l’entraîneur l’empêchait de réussir cette mission. “Avec les Diables, il fallait deux choses : des résultats et un renouvellement de l’effectif. Mais comment est-ce possible avec un entraîneur dont le contrat expire ? Si vous souhaitez renouveler l’équipe, vous renouvelez d’abord le contrat de l’entraîneur non ?”

Pour Jesse De Preter, il n’y a qu’un seul grand perdant : le football belge. “Les supporters ne savent pas ce qu’il se passe en coulisse”, assure-t-il. “Certaines personnes sont heureuses avec ce départ. Cela montre surtout un manque de reconnaissance. Roberto était le meilleur entraîneur de l’histoire de la Belgique. Ce départ est une perte énorme pour le football belge.”

Dans cette interview, l’avocat a également confirmé que Martinez quittait son rôle de directeur technique de l’URBSFA. Deux postes sont donc à pourvoir pour redresser la situation de l’équipe nationale. Une mission périlleuse et une course à la signature qui tient toute la Belgique en haleine.