Sénateur MR, Alain Courtois fut aussi dans une autre vie magistrat au parquet de Bruxelles et secrétaire général de l'Union Belge. Il s'est toujours intéressé à la vie du sport en général, et du football en particulier.

Alain Courtois, que vous inspire la saga Union Namur-Geel ?

La sagesse voudrait que les clubs membres d'une fédération adhèrent à ses règlements et acceptent d'épuiser toutes les voies prévues par le droit disciplinaire de l'association à laquelle ils appartiennent avant de se tourner vers la justice civile.

Or, on constate de plus en plus qu'il n'en va pas ainsi et qu'à la première difficulté, ils saisissent les tribunaux ordinaires. C'est une dérive que l'on constate dans la société tout entière, en voie de judiciarisation forcée. Quand on est champion, tout va bien. Dès qu'un problème se pose, on veut y échapper à n'importe quel prix.

N'estimez-vous pas que les instances sportives ne sont plus armées pour résoudre des dossiers de plus en plus complexes et que l'évolution que vous décrivez appelle de nouvelles réponses ?

La question se pose, en effet. J'entrevois une solution. J'ai toujours plaidé pour une reconnaissance pleine et entière du sport comme activité humaine spécifique.

En Belgique, 1,2 million de citoyens pratiquent une activité sportive. Il faut les protéger. Si les instances internes ne suffisent pas, pourquoi ne pas créer au sein des cours et tribunaux des chambres spécialisées dans les litiges d'ordre sportif ?

Si on ne reconnaît plus sa plénitude au droit disciplinaire, et l'affaire qui nous concerne illustre ce constat, alors créons un véritable droit du sport.

© La Libre Belgique 2007