Vincent Kompany, demain, vous fêterez vos dix-huit. Cet anniversaire va-t-il changer votre vie?

Non, elle a déjà beaucoup changé depuis quelques mois... Cet anniversaire, c'est seulement l'officialisation de mon passage à la majorité et de mon statut de joueur professionnel, mais, dans les faits, je suis déjà dans ce monde-là depuis juillet dernier, quand je suis entré dans le noyau A d'Anderlecht.

Depuis quelques mois, vous êtes l'étoile montante du football belge. Comment vivez-vous ce statut?

C'est à la fois un grand bonheur et aussi des difficultés. Je ne réalise pas toujours ce qui m'arrive et je crois que c'est mieux comme ça, d'ailleurs... Ce qui me guide, actuellement, dans le tourbillon que je vis, c'est la volonté absolue de rester moi-même, de garder les valeurs que j'ai toujours eues et je crois modestement que pour l'instant, c'est le cas.

Cette double vie, d'élève modèle et de joueur pro, vous allez pouvoir la vivre longtemps?

J'espère, mais j'avoue qu'en fin de saison, je ferai le point avec mes proches et on prendra une décision. C'est assez lourd, physiquement et mentalement, mais puisque pour l'instant tout réussit, j'ai envie de continuer encore un an, pour terminer mes études secondaires.

Vous nous donnez l'impression d'être gêné par votre popularité, comme si elle vous dérangeait.

Je sais que cela fait partie du jeu, quand on est footballeur, mais je ne me prends vraiment pas pour une star. Je suis grand et costaud mais, malgré tout, très timide. J'aime l'anonymat.

Difficile de rester anonyme alors que vos dirigeants disent qu'ils demanderont... 20 millions d'euros au club qui s'intéressera à vous!

20 millions, c'est vrai? Je ne le savais pas, je ne lis plus la presse sportive. Que puis-je répondre à cela? Je suis flatté, mais je ne suis pas un idiot: je sais que je peux descendre aussi vite que je suis monté et que, dans un an, on pourrait ne plus parler de moi...

Ce soir, vous jouerez à Sclessin pour la première fois de votre vie. Un match particulier?

Particulier dans le sens où les trois quarts de ma famille, que ce soit du côté paternel ou maternel, sont supporters du... Standard! Ou en tout cas étaient, car certains ont changé depuis que je joue en équipe A. Mais pour le reste, c'est un grand match, comme à Bruges.

Le match aller reste forcément un très mauvais souvenir. Avec une erreur de Kompany sur le premier but liégeois...

Il n'y a pas que moi qui avais commis des erreurs durant la rencontre, mais bon... C'est un souvenir douloureux parce que le Standard avait dit avant le match qu'il venait pour gagner et qu'il l'a fait, de belle manière en plus. Nous n'avions pas joué le couteau entre les dents. Mais, ce soir, Anderlecht sera guidé par un esprit de revanche, j'en suis convaincu. Le match aller est encore au travers de nos gorges...

© Les Sports 2004