Vincent Kompany joue-t-il... trop bien au football? La question sacrilège révolte les «anciens». «Je ne passais pas pour un esthète, mais j'adore sa manière d'évoluer! s'exclame Philippe Albert. Il est... beau à voir. En valeur intrinsèque, il égale ou il surpasse des stars comme Scifo ou Ceulemans. Toutes proportions gardées, Kompany me fait songer à Clijsters, le meilleur libero de mon époque. Lei savait sortir ballon au pied ou aller épauler l'entrejeu. Mais quand il devait «faire le ménage», il balançait un ballon dans les tribunes. C'est cela que Kompany doit encore apprendre: en défense, il n'y a pas souvent place pour le beau geste. Vincent est un diamant brut. Vantons ses qualités avant de nous apesantir sur ses défauts.»

Eric Van Meir professe la même opinion: «Il faut épauler Vincent et non le «massacrer». Kompany ne joue pas de manière arrogante: il recèle simplement trop de talent pour la majorité de ses adversaires. Il faut le comparer aux jeunes de son âge: il les surclasse tous! C'est là son problème: on voudrait déjà qu'il réagisse avec la maturité d'un Grün épanoui. Il a un peu péché par présomption sur le premier but espagnol? Et alors? Ce n'est pas sa faute si les Diables se sont inclinés à Santander. J'admire son jeu mais aussi la sérénité qu'il affiche en toutes circonstances. On scrute à la loupe la moindre de ses petites erreurs. Il n'est vraiment pas facile, à son âge tendre, de gérer la pression qu'il attise (...).»

Les deux «anciens» se rejoignent également sur une autre - double - appréciation: Kompany doit jouer derrière et rester à Anderlecht. «Au milieu, cela risque d'aller un peu trop vite pour lui », estime Eric. «Je lui conseille vivement de ne pas songer à s'expatrier avant deux ou trois ans, l'exhorte Philippe. Il va tout rafler avec Anderlecht, Soulier d'Or compris. Les grands clubs l'auront toujours à l'oeil. J'ai tenté l'aventure à 27 ans. J'estime que c'est l'âge idéal...»

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