Entretien

Sans la moindre surprise, le mandat de François De Keersmaecker à la présidence de l’Union belge sera prolongé pour deux nouvelles années ce samedi lors de l’Assemblée générale de la plus grande fédération sportive du pays. L’occasion était belle pour soumettre le numéro 1 de notre football au feu des questions alors que la célèbre "Maison de Verre" est régulièrement secouée par des soubresauts ces dernières années.

Monsieur le président, vous étiez sorti de l'ombre voici trois ans. Quel bilan personnel tirez-vous à l'issue de ces deux premiers mandats ?

J’ai dû m’adapter à ce rôle et, avec le recul aujourd’hui, je comprends mieux les critiques qui ont plu à mon égard au début. Sans surprise, je me suis parfois comporté de façon maladroite. Quoi de plus logique; je n’étais pas préparé à remplir cette fonction et surtout, je manquais d’expérience malgré le fait d’être le troisième plus ancien à siéger au Comité exécutif. J’ai grandi dans mon rôle et ai appris à aimer cette fonction. Je suis fier du parcours accompli en l’espace de trois ans. Grâce à ma connaissance des dossiers, à mon labeur et à une bonne dose de diplomatie, je suis parvenu à résoudre de nombreux problèmes.

Vous avez essuyé le plus de critiques au moment de la reconduction de contrat de René Vandereycken.

Je ne regrette encore aujourd’hui nullement la décision prise par le CE et qui avait été suggérée par la Commission technique présidée par Antoine Van Hove. René avait jeté les bases d’une équipe jeune et talentueuse. Il était en droit de poursuivre son travail pour essayer d’en récolter les fruits. Après la Turquie et l’Espagne, on pensait enfin sortir du tunnel. La gifle qu’on n’a pas vu venir face à la Bosnie, même si on ne sous-estimait pas l’adversaire, a rendu la situation impossible.

À l'inverse du football en club à la popularité retrouvée, les Diables ne font plus vibrer personne et n'attirent plus les foules.

Anderlecht et le Standard nous ont offert des matches de gala, sur la scène belge et internationale dans le chef des Liégeois. La plupart des stades affichent complet et ce sera encore le cas à l’avenir si je m’en réfère aux échos des ventes d’abonnements pour la prochaine campagne. Tout le contraire de notre équipe nationale. Pourtant, le talent individuel ne manque pas. On a consenti un effort hors du commun pour attirer au 1er janvier un entraîneur au palmarès incroyable et une personnalité exceptionnelle. Dès le premier entretien, on a senti chez lui une connaissance parfaite du sujet et un enthousiasme sans comparaison. En l’engageant, on a voulu donner un signe fort pour les supporters et les sponsors. On a investi pour remonter la pente; les Diables ne sont plus à leur place !

La fierté de porter le maillot national semble pourtant avoir disparu en Belgique.

Je reconnais que l’attitude affichée par certains envers la Kirin Cup m’a déplu alors que tout avait été discuté auparavant. Il existe des conflits d’intérêts entre les clubs (les employeurs) et les équipes nationales mais nous agirons de manière plus stricte à l’avenir. En Belgique, le sentiment de nationalisme n’est pas aussi fort que chez nos voisins à cause de la situation fédérale du pays. Il nous revenait de mettre les internationaux dans les meilleures conditions pour relever la tête. Avec l’engagement d’un entraîneur du top, on a rempli notre mission.

Vous n'avez pas hésité, comme c'était déjà le cas avec "VDE" , à lui donner les plein pouvoirs.

On est conscients qu’il n’existe aucun contre-pouvoir. Nous avons opté pour un grand professionnel qui n’a pas besoin d’une belle-mère au-dessus de son épaule. Il a reçu carte blanche dans le cadre du budget défini. La seule sanction possible, ce sont les résultats.

Reste le problème du centre national à Tubize.

Il est indépendant de notre volonté. Toute la partie sportive est terminée. L’hôtel ? Les murs appartiennent à Dexia qui cherche un nouvel entrepreneur et un gestionnaire pour exploiter dans la foulée. Il existe trois pistes et tout pourrait aller trop vite, tout en tenant compte du fait que la banque veut logiquement retrouver sa mise.