Si certains grands joueurs étrangers évoluant dans notre championnat ont échappé à la mort d'extrême justesse, couvés par les dieux du ballon rond - on se souvient de l'embardée spectaculaire qui faillit emporter le buteur hongrois du Sporting Anderlecht Attila Ladinszki, près de la basilique de Koekelberg, un soir de titre de son équipe. Cet accident lui interdit de poursuivre sa carrière au plus haut niveau et le laissa défiguré.

D'autres Anderlechtois - ou ex Sportingmen - eurent moins de chance.

Médian doté d'un pied gauche en or, Ludo Coeck était toujours sous contrat à l'Inter Milan quand le destin le frappa irrémédiablement. Le joueur anversois se trouvait en Belgique où il effectuait sa rééducation après une nouvelle opération. Un soir maudit, peu après qu'il eut fêté son trentième anniversaire, il regagnait son domicile dans la banlieue anversoise quand la BMW qu'il conduisait rata un virage sur l'E 19, à hauteur de Rumst.

Ce 19 octobre 1985-là, un éclat de rire s'était figé à jamais, griffant d'une cicatrice indélébile l'histoire de notre football.

Dix-neuf ans auparavant, le football belge éploré avait perdu celui qui restera peut-être comme le plus grand arrière central de son histoire : l'Ostendais Laurent Verbiest.

Les anciens du Sporting d'Anderlecht n'ont pas oublié non plus cette date - également maudite - du 2 février 1966.

Ce soir-là, Laurent Verbiest était pressé, au retour d'un entraînement de son club, trois semaines avant une confrontation prestigieuse avec le Real Madrid : il tenait absolument à suivre, à la télévision, le match de Coupe d'Europe opposant Manchester United à Benfica. Sa femme, qu'il avait épousée un an auparavant, l'accompagnait. Verbiest s'engagea trop vite dans le rond-point à l'entrée d'Ostende. Sa voiture fila tout droit. Lorenzo ne portait pas de ceinture, à l'inverse de son épouse : il perdit la vie dans l'accident.

Les Gantois ont également pleuré Jean-Claude Bouvy, un ancien anderlechtois, décédé dans un accident dans la province de Luxembourg.