Ce mercredi soir, Geert De Vlieger s'arrimera au moins capé des grands de sa corporation. Le gardien de but de Willem II se prépare à disputer son 39e match comme Diable Rouge. Il égalera ainsi la performance de Jean Nicolay et approchera d'une unité celle de Christian Piot. Le recordman Jean-Marie Pfaff -soixante-quatre capes- et son dauphin Michel Preud'Homme -cinquante-huit capes- continueront de s'assimiler, pour lui, à d' inaccessibles étoiles.

«La référence me flatte, sourit le dernier rempart des Diables Rouges. Je la recueille comme une prime à ma régularité au plus haut niveau. Mais j'aimerais qu'on n'établisse pas de comparaison entre ces glorieux anciens et moi. Nicolay, Piot, Pfaff et Preud'Homme ont tous évolué à des époques différentes de la mienne. Il est donc bien hasardeux de nous évaluer l'un par rapport à l'autre. En outre, j'ai toujours eu la vague impression que certains tenaient à me faire passer un examen chaque fois que j'étais confirmé comme gardien des Diables Rouges. Je n'ai pourtant jamais suscité une vraie controverse. Je rappellerai aussi que la seule fois qu'on a vraiment parlé de moi c'est au retour de Zagreb, après un match que je n'ai pas disputé. Enfin, je me rassérène totalement quand je comptabilise le nombre de matches pour lesquels nous avons été reconduits, Frédéric Herpoel et moi.»

Geert De Vlieger refuse donc de se situer dans cette hiérarchie informelle entre les grands gardiens belges. Comme argument de défense, il avance simplement: «Je ne peux peut-être pas exciper, comme quelques-uns de mes collègues, de vrais matches de référence. Mais je conserverai toujours le très grisant souvenir de ma campagne de qualification pour la dernière Coupe du Monde. Au terme des dix matches que les Diables Rouges ont livrés, j'ai suscité une belle unanimité. C'est cela, ma référence...»

Modeste ou réaliste?

Pendant les vacances, Geert De Vlieger avait espéré changer d'horizon. Faute de proposition intéressante, il est demeuré à Tilburg:

«Trabzonspor m'a sollicité. Je me suis déplacé en Turquie pour étudier à la fois l'aspect sportif, financier et social de ce transfert potentiel. Je n'ai pas jugé satisfaisantes ces conditions de vie et de travail. J'ai toujours claironné que je ne quitterais Willem II que pour accomplir un pas en avant. Je n'ai pas estimé que cela aurait été le cas à Trabzponsor. Je n'ai pas repris le championnat des Pays-Bas avec des pieds de plomb: Willem II est certes un club limité mais son organisation a toujours généré bien des motifs de satisfaction.»

Geert De Vlieger dégage l'impression de ne traîner aucun boulet. Il ne cultive ni remords ni regret. Même pas celui de n'avoir pas disputé le match aller à Zagreb: «J'étais vraiment dans l'impossibilité de m'aligner. Même en courant des risques et en en faisant prendre à l'équipe. La meilleure preuve est que j'ai également dû faire l'impasse sur les deux rencontres suivantes de Willem II. Et il n'est pas certain que la rencontre aura connu un autre déroulement si j'avais défendu les buts des Diables. Qui peut dire que, moi présent, les Belges n'auraient pas également perdu les pédales en seconde période?»

Geert De Vlieger est-il trop modeste ou... réaliste?

© Les Sports 2003