PARIS En prenant la mesure de la Slovénie (5-0), la France a, par la même occasion, pris une option psychologique et mathématique sur la qualification pour l' Euro 2004.

`On veut aller à l' Euro au Portugal. C'est ce qui a permis cette osmose, cette communion avec le public. Mais, pour être percutant et efficace dans l'animation offensive, il faut avoir des repères que les joueurs ont retrouvés depuis Chypre´, analysait le sélectionneur Jacques Santini, radieux malgré son habituelle réserve.

Steve Marlet, auteur de son premier doublé avec la sélection, allait encore plus loin dans son analyse en estimant qu'il `y a une alchimie qui est en train de s'opérer dans ce groupe´.

En fait, tous les joueurs sont unanimes pour estimer que le match laborieux de Chypre a entraîné un déclic au sein `d'un groupe qui a envie à nouveau de vivre ensemble´.

La griffe Santini

`Il reste des réglages à faire sur le plan humain et cette notion de groupe doit être bien ancrée dans tous les esprits´, insiste cependant Santini, perfectionniste, qui passe une partie de son temps à essayer de trouver les mots nécessaires pour que les gens adhèrent à son discours.

Sans avoir l'air d'y toucher, l'ancien entraîneur de Lyon, champion de France en 2002, a déjà réussi à imposer sa griffe.

Rompant avec le 4-2-3-1 inventé par son prédécesseur Roger Lemerre, Santini, adepte du 4-4-2, a fait jouer la France `avec deux pointes´, Thierry Henry et Steve Marlet.

Ce nouveau groupe a peut-être trouvé son match référence, samedi au Stade de France, notamment grâce à l'intégration immédiate de William Gallas dans l'axe d'une défense déjà rodée à Chelsea, aux jambes retrouvées de Lilian Thuram, à un Sylvain Wiltord éclatant de santé, à un Patrick Vieira évoluant enfin à nouveau à son meilleur niveau en sélection, à la complicité de l'association Zidane-Makelele et enfin à l'abnégation d'un Henry individuellement malchanceux mais collectivement efficace.

© Les Sports 2002