La principale interrogation dans le camp belge juste avant d'affronter la prestigieuse équipe de France était de savoir si Daniel Van Buyten allait pouvoir tenir sa place. Mais après un échauffement trop douloureux, le néo-Mancunien préféra s'asseoir sur le petit banc laissant ainsi la chance à Vincent Kompany de fêter sa première titularisation. En face la France affichait l'équipe attendue (en l'absence des stars Henry-Trezeguet) si ce n'est dans l'axe central composé de Desailly et Thuram alors que Gallas et Sylvestre occupaient les flancs.

Dans un stade particulièrement bien garni, excepté une ridicule zone de sécurité entre supporters des deux camps laissée vide, les Diables Rouges étaient les premiers à se mettre dans le bain. Ne laissant aucun espace aux champions d'Europe, la Belgique prenait les commandes du match sans pour autant se montrer particulièrement dangereux. Exerçant un pressing haut, l'équipe d'Aimé Anthuenis posait problème aux Bleus qui se montraient tantôt nonchalants, tantôt maladroits.

Buffel régnait en maître via un jeu court et inspiré alors que Deflandre et Kompany étaient efficaces dans les duels et dans la relance. Toutefois, le jeu demeurait lent. La faute sans doute à une pelouse lourde et détrempée par une pluie forte.

De Vlieger et Barthez passaient une soirée calme. Les Belges, bien positionnés, proposaient un jeu en bloc et sérieux alors qu'en face la France ne voulait (ne pouvait?) hausser le rythme du match. On nota cependant quelques actions plus ou moins dangereuses comme une tête de Van Damme ou une tentative trop enlevée de Luyindula. Il était clair qu'à ce niveau de jeu, la Belgique ne pouvait craindre l'équipe de France si ce n'est sur une combinaison technique de Zidane et compagnie.

Alors que l'on s'acheminait tout droit vers un logique 0-0 au repos, un travail dans l'axe de Saha et Luyindula profita à Govou qui ouvrait la marque d'un tir croisé (44e).

La seconde période, et sa valse de changements (Herpoel, Soetaers, E. Mpenza, De Kock, Pieroni, Pirès, Lizarazu, Kapo, Rothen) débutait clairement à l'avantage des Français. Du moins en ce qui concernait la possession de balle. Jacques Santini avait sans doute demandé un peu plus de passion dans la construction et les dessins tactiques. Cependant sa constellation de stars avait peu envie de subir un mauvais coup à quelques jours de la reprise des Coupes d'Europe et quelques semaines de l'épilogue des différents championnats...

La Belgique revenait vite dans le match au prix d'une cohésion solide et d'un sérieux de bon augure. Mais tout cela n'inquiétait pas Barthez qui se permettait quelques écarts en occupant la place de libéro... Normal.

Il fallait attendre la 59e pour se rendre compte que Sonck était sur le terrain. Celui-ci frappa un coup-franc bien placé mais sur le toit du but. Sept minutes plus tard c'était au tour de Clément d'inquiéter, légérement Barthez, sur un coup de tête consécutif à une longue rentrée en touche.

La Belgique cherchait l'égalisation et se montrait intraitable dans les duels. Mais cette domination devenait stérile une fois les abords du grand rectangle en vue. La paire Thuram-Dessailly était bien en place.

Sur une contre-attaque, Zidane y alla de son solo de 30 mètres et offrait le but au Saha (75e). Le match était plié. Et ce n'est pas la tentative de Pieroni sur le poteau dans les arrêts de jeu qui allait changer quelque chose...

BELGIQUE: De Vlieger (46e Herpoel); Deflandre (85e De Kock), Simons, Kompany, Van Damme; Clement, Baseggio (85e Bisconti), Van der Heyden (55e Soetaers); M.Mpenza (68e E. Mpenza), Sonck (85e Pieroni) et Buffel (85e Chatelle).
FRANCE: Barthez; Desailly, Thuram, Gallas (85e Mexes), Sylvestre (46e Lizarazu); Dacourt (17e Makelele); Vieira (61e Rothen), Zidane (76e Kapo); Luyindula (61e Marlet), Saha (85e Boumsong)et Govou (46e Pirès).
BUT: 44e Govou (0-1); 75e Saha (0-2)