On y est. Ou presque. Tambour battant, le mercato d’hiver siffle aux oreilles des entraîneurs et des dirigeants à l’heure où une courte trêve vient de s’installer jusqu’au 14 janvier. Pour combler des lacunes, criantes pour certains, assourdies pour d’autres, chacun espère décocher des perles rares et des joueurs clefs.

Selon certaines indiscrétions, c’est du Club de Bruges que pourrait prochainement venir la révolution de palais. Car, si certains croyaient que les travaux d’été (nouvelle gestion, transferts nordiques, entraîneurs spécifiques) avaient déjà permis au Club d’échafauder ses futurs succès, l’arrivée de Christoph Daum a bousculé tous les chantiers.

Ce Bruges entre deux teintes offre du coup un contraste saisissant avec un Anderlecht où la seule priorité reste d’évacuer des joueurs au contrat pesant. L’hiver venu, les deux clubs pourraient pourtant se débattre et se tirer dans les pieds.

1 Bruges dans l’optique germanique. A quelques-uns de nos confrères flamands, certains agents avaient soufflé l’idée que le Club s’apprêtait à dégoupiller le plus lourd de son artillerie pour s’acheter 5 à 6 joueurs préalablement listés par l’entraîneur. Juste à temps pour tenter d’endiguer les rumeurs, le manager brugeois, Vincent Mannaert précisait dans la foulée que l’exagération l’avait une nouvelle fois emporté. Et si la formule semble parfois apprêtée, l’homme fort du Club a répété qu’il s’agissait de viser "la qualité plutôt que la quantité". En d’autres termes, Bruges cherchera à transférer un pion sur chaque ligne de son échiquier. A l’avant-poste, le choix est d’ores et déjà posé. Le Club et l’avant colombien, Carlos Bacca (25 ans) seraient tombés d’accord sur les modalités d’un futur contrat que son actuel employeur peinerait toutefois à ratifier. "Nous avons dès lors dégagé d’autres pistes", ajoutait hier Vincent Mannaert.

2 A l’arrière, le jeune Lokerenois, Derrick Tshimanga serait lui aussi au cœur du viseur brugeois (comme dans celui des Genkois). Deux "nids de poule" pourraient toutefois pousser Tshimanga à zigzaguer sur la route pavée le menant au Club brugeois. Primo, son prix. Portant dans le dos une étiquette à 4 millions d’euros. Le Lokerenois pourrait effrayer une direction brugeoise au budget malgré tout limité par les investissements (essentiellement structurels) lâchés durant l’été. Secundo, un ennemi juré pourrait faire obstruction dans ce dossier. Le Sporting d’Anderlecht fait lui aussi des yeux doux à l’idée de pouvoir transférer celui qui portait encore récemment le maillot des Diables chez les espoirs. L’affaire a donc peu de chances de se réaliser d’autant que Christoph Daum ne paraît pas spécialement emballé par les velléités offensives du latéral gauche.

3 Un scénario qui s’inverse lorsqu’il s’agit d’évoquer le cas de Timmy Simons. Le joueur de Nuremberg répond parfaitement au profil germanique que Daum cherche à esquisser. Même son âge (35 ans) ne paraît pas rebuter la direction brugeoise prête à lui offrir un contrat "longue durée" (même si l’on imagine difficilement Simons s’installer pour cinq ans). Avec un Simons planté en milieu de terrain, le plan brugeois viserait à soulager Vadis Odidja enfoncé par tous ses devoirs défensifs. Le Bruxellois d’origine pourrait du coup avancer sur l’échiquier et retrouver l’élan offensif que l’arrivée de Daum a littéralement ligoté. Pour la direction brugeoise, la carte Simons se double d’un envers qui pourrait aimanter l’ancien milieu du PSV. Une clause du contrat proposé permettrait en effet à Simons d’intégrer le staff technique une fois sa carrière achevée. Mais sur ce dossier-là aussi, Anderlecht se pose en concurrent obnubilé. Les Bruxellois avaient déjà tenté de rapatrier le joueur de Nuremberg durant l’été en butant alors sur la durée du contrat. Les choses pourraient changer. Malgré le retour programmé de Biglia, le ton est quelque peu monté mardi à la suite du match nul concédé sur le terrain montois. Milan Jovanvic n’a pas hésité à alpaguer un Herman Van Holsbeeck visiblement gêné. A la recherche de "leadership" et de maturité, les Mauves tenteront sans doute d’aguicher un Timmy Simons, au cœur brugeois toujours bien affiché.