Le directeur général du Standard, Pierre François, a confirmé mercredi en fin d'après-midi, lors d'une conférence de presse, que des perquisitions avaient été menées mercredi, de 8h30 à 16h00, au stade de Sclessin mais aussi au domicile de plusieurs membres de la direction et de joueurs de l'équipe première. Mené sous les ordres du juge d'instruction Philippe Richard, ce devoir portait sur des suspicions de faits de blanchiment d'argent, de faux et usage et d'abus de biens sociaux.

Une première perquisition, visant à démanteler des faits de blanchiment d'argent, a été menée à Sclessin le 18 mai 2004. «Suite à ce devoir, j'ai demandé au juge Richard qu'il me fasse rapidement savoir si les suspicions étaient infirmées ou confirmées. Or, aujourd'hui, je ne sais toujours rien», a remarqué Pierre François.

Les perquisitions de ce mercredi étaient plus larges que celles du 18 mai. «Après avoir envisagé les recettes et la manière dont l'argent rentrait, les enquêteurs changent de méthode et veulent savoir si tout est correct au niveau des dépenses», a souligné l'ancien avocat. «En clair, on nous suspecte d'avoir détourné une partie des fonds et de la trésorerie à des fins étrangères à notre objet social.»

«Les comptes sont clairs»

Ce mercredi, plusieurs personnes ont été entendues: le directeur technique, Michel Preud'homme, le directeur des ressources humaines et sa secrétaire, le comptable, le directeur général et quatre joueurs. Les enquêteurs se sont intéressés aux transferts de Bangoura, de Dragutinovic, de Mumlek et de Conceiçao. Certains devoirs ont été menés aux domiciles privés des personnes entendues ainsi qu'à l'ancien bureau de Pierre François. «Dans un tel dossier, c'est la première fois qu'on touche à des joueurs», a regretté Pierre François.

Jeudi, à 9h30, le directeur général actuel et son prédécesseur, Alphonse Costantin, seront entendus au palais de justice de Liège par les enquêteurs de la section financière. «Je répondrai aux questions qu'on me posera. Mais les comptes du Standard sont clairs. Le club est une S.A. qui dépose chaque année ses comptes et qui a fait l'objet de différents contrôles fiscaux. Il n'y a pas de noir au Standard de Liège. Les joueurs reçoivent la somme qui est mentionnée sur leur contrat et les primes extracontractuelles figurent sur leur fiche de paie», a précisé le directeur général.

Pour lui, de telles actions sont préjudiciables pour le club. «Nous allons avoir du mal à convaincre de nouveaux sponsors», a-t-il déploré, se refusant toutefois à citer le mot acharnement. «Mais si vous vous considérez que c'est de l'acharnement, je ne vous démentirai pas», a-t-il conclu.

© Les Sports 2005