BRUXELLES Le métier de manager garde, malgré les efforts de la Fifa et des fédérations pour réguler un secteur dans lequel les pratiques les plus ignobles ont eu cours, un parfum de souffre. La licence Fifa, dont sont titulaires une cinquantaine de Belges, crédibilise les personnes exerçant la profession avec probité. Dirk Van Den Bossche possède cette licence. Son regard sur le mercato qui s'achève est distant puisqu'aucun de ses poulains n'était en partance : «C'est une période très importante qui s'achève mais le gros problème belge, c'est le manque d'argent. Beaucoup de clubs veulent se débarrasser de joueurs dont le salaire pèse trop lourdement sur le budget du club. Il y a par contre peu de formations capables de reprendre de tels contrats. Je ne vois pas, par exemple, comment le G.-B. pourrait payer à Victor ce qu'il gagnait à Bruges.»

Lorsqu'on lui demande si le manager n'a pas à proposer les services de ses joueurs, l'agent brugeois répond avec discernement: «En principe, c'est un des rôles du manager mais, personnellement, je ne démarche pas pour mes joueurs tant qu'ils sont sous contrat, sauf lorsque j'ai obtenu l'accord du club pour le faire. Naturellement, quand la situation d'un joueur est extraordinaire, il faut absolument le faire même si, dans de telles circonstances, les demandes arrivent aussi d'elles-mêmes.»

Cette philosophie est conforme à ce qu'exige le code de déontologie Fifa : agir avec transparence et sincérité vis-à-vis de son mandant, des parties négociatrices et des tiers. Et les contrôles sont de mises: «La Fifa demande bien entendu que nous respections toutes les règles, en matière comptable comme par rapport à l'inspection sociale. Quand on voit ce qui se passait de dégoûtant dans les transferts de joueurs Africains, il faut se réjouir du meilleur contrôle actuel.»

Dirk Van Den Bossche précise d'ailleurs que la rémunération perçue est légère par rapport au travail fourni: «Nous ne sommes autorisés à percevoir que 7 % du salaire annuel brut du joueur, c'est peu pour couvrir le travail effectué. Il est difficile de s'en sortir sans avoir un grand joueur sous contrat ou sans avoir une autre activité professionnelle. Surtout que les joueurs peuvent partir du jour au lendemain suite à un simple coup de fil, sans dédommagement ou quoi que ce soit» Plus de trois quarts des Belges agréés seraient d'ailleurs concernés par le second cas de figure. C'est énorme pour un métier censé rapporter beaucoup d'argent...

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