La rencontre démarre sur les chapeaux de roue. Seulement deux minutes à la montre de Serge Gumienny quand une sortie aérienne catastrophique de Kawashima débouche sur un cafouillage. Le cuir arrive finalement dans les pieds de Biglia. Le capitaine argentin contrôle, et propulse la gonfle du gauche, direction la lucarne du Japonais. Le stade explose. Anderlecht est devant.

Le Standard est à la rue dans le premier quart d'heure. Bruno prend systématiquement le dessus sur Van Damme, mais les centres tendus du Borain ne trouvent jamais un équipier dans la forêt de jambes rouches.

La rencontre commence à basculer tout doucement. Lancé en profondeur dans le dos d'une défense mauve placée très haut, Reza croise trop sa frappe. Mais le Standard a trouvé la faille : l'arrière-garde d'Anderlecht est prenable sur les ballons en profondeur. Un coup franc puissant et bondissant de Kljestan force Kawashima à sortie le grand jeu, puis vient la 22e minute. Reza, très remuant, lance Batshuayi qui enrhume un Nuytinck très mal inspiré. Michy emmène le cuir, et place du gauche sous Silvio Proto. Un partout, balle au centre.

Jusqu'à la pause, il n'y en a plus que pour les Rouches. Bulot prend une nouvelle fois le quatre arrière mauve de vitesse, et offre un but tout fait à Reza, mais le tir de l'Iranien est sauvé à même la ligne par Nuytinck. Le même Reza, décidément intenable, est à la réception d'un centre de Van Damme qui a définitivement mis Bruno dans sa poche. Le numéro 7 du Standard voit sa reprise échouer un petit mètre à droite du but de Proto.

Un coup franc de Reza contré par le dos de Biglia, une aile de pigeon zlatanesque de Van Damme, puis un pétage de plombs dans le plus pur style Jova. Bousculé par Oparé, le Serpent rue dans les brancards, et dans le dos du Ghanéen. Serge Gumienny va dans la poche de son short, et brandit un rouge indiscutable. Les Mauves, déjà en difficulté, devront s'en sortir à dix.

van den Brom réagit, et sort ses jeunes à la pause. Exit Praet et Bruno, place à Odoi et Kanu pour fermer des flancs trop perméables. Pas de quoi gêner Bulot. Le Français, visiblement inspiré à la vue de la vareuse mauve, envoie un magnifique centre au second poteau. Buyens jaillit de la deuxième ligne, surmonte Odoi et propulse le cuir du front au fond des filets. Le Parc Astrid est muet, excepté la colonie liégeoise qui exulte. Le Standard mène dans l'antre du rival.

La joie est de courte durée. À l'heure de jeu, William Vainqueur y va d'un tacle appuyé sur Gillet. Le Français touche certes le ballon, mais la dangerosité du geste ne fait pas hésiter un seul instant M. Gumienny, qui brandit son deuxième rouge de la soirée.

Une décision qui donne des vitamines à un Sporting qui retrouve ses jambes du début de rencontre. Les centres se multiplient en direction d'un rectangle rouche surpeuplé, mais les avants mauves sont mis en boite dans la boite. Le Standard joue le contre à fond, et force la défense mauve à prendre des risques. Biglia joue les pompiers de service, et intervient en retard. Première fois, ça passe. La deuxième fois sera la dernière. Le capitaine accroche Ezekiel, et rejoint des vestiaires de plus en plus peuplés.

Anderlecht est à neuf, mais continue à dominer un Standard qui recule trop. Une faute de main anodine de Buyens offre un coup franc intéressant au Sporting sur le côté gauche du rectangle de Kawashima. Au second poteau, Gillet est à la réception de l'offrande d'Odoi. Coup de tête aérien qui frappe le bas de la transversale et termine sa course au fond des filets. Deux partout.

C'est encore Anderlecht qui pousse dans les arrêts de jeu. Une charge de Kanu sur De Sutter aurait pu valoir un penalty. Mais ici plus qu'ailleurs, penalty n'est pas toujours synonyme de but. Serge Gumienny, excellent maitre de cérémonie, siffle trois fois. Partage spectaculaire de frères ennemis. Rendez-vous en play-offs.