Pointée à la quatrième place de la hiérarchie de la Fifa, l'Espagne n'a curieusement jamais réellement brillé en Coupe du Monde où sa meilleure performance remonte à un Top 4 en... 1950. Souvent placée mais jamais gagnante, elle a régulièrement échoué en quart de finale (y compris contre la Belgique lors du Mondial de 1986) et semble maudite dans la compétition... Que vaut l'équipe espagnole de ce début de siècle ? Sur le papier, elle bénéficie d'une génération de jeunes joueurs de très grande qualité individuelle symbolisée par une ligne médiane exceptionnelle formée par Silva (Valence), Xavi (FC Barcelone), Iniesta (FC Barcelone) et Cesc Fabregas (Arsenal).

Quatre petits formats capables de monopoliser le ballon durant les trois quarts d'un match comme lors du récent duel au Danemark où l'Espagne inscrivit un but après avoir touché 32 fois consécutivement le ballon ! A côté de ces artistes on retrouve, bien sûr, le gardien de but Iker Casillas (Real), les défenseurs Carles Puyol (Barcelone) et Sergio Ramos (Real) et les attaquants Fernando Torres (Liverpool) et David Villa (Valence). Bref, des joueurs de talent, jeunes et ambitieux.

L'équipe joue le plus souvent à une touche de balle, à ras du sol, par brusques accélérations. Lors de la phase préliminaire de l'Euro, l'Espagne a terminé première de son groupe malgré un début d'exercice difficile (défaites inexcusables en Irlande et en Suède). Longtemps sur la sellette, le sélectionneur Luis Aragones a sauvé miraculeusement sa tête mais, quoiqu'il arrive en Autriche et en Suisse, il rendra son tablier après l'Euro, victime de la limite d'âge.

C'est donc un nouvel entraîneur qui conduira aux destinées des Sang et Or lors de la phase préliminaire du Mondial 2010. En coulisse, on cite déjà les noms de Vicente Del Bosque et de Jose-Antonio Camacho.

Le football espagnol a toujours possédé d'excellents solistes mais, dans un pays miné par les rivalités régionales, il n'a jamais réussi à composer un véritable orchestre. C'est tout le défi qui sera proposé au nouveau seleccionador !

En attendant, l'Espagne participera à l'Euro 2008 dans la peau de l'éternel outsider . Tout indique qu'Aragones maintiendra sa confiance à son groupe habituel et laissera donc à la maison des joueurs comme Raul ou Guti, pourtant titulaires au Real. L'absence de Raul, figure emblématique du foot espagnol, fait évidemment couler beaucoup d'encre et alimente toutes les conversations. A 30 ans, le meilleur buteur de l'équipe nationale (44 buts) se dit toujours bon pour le service mais Aragones estime que le goleador a fait son temps. Sera-ce aussi l'avis de son successeur ?

Pour rappel, l'Espagne a déjà affronté la Belgique à 20 reprises. Elle s'est imposée neuf fois et a perdu cinq fois. Les deux équipes s'étaient déjà retrouvées dans le même groupe lors des éliminatoires du Mondial allemand de 2006. L'Espagne s'était imposée à Santander (2-0) et à Bruxelles (0-2).