ENTRETIEN

Ils étaient nombreux, les connaisseurs et supporters d'Anderlecht, à se frotter les mains lorsque Jelle Van Damme signa au Sporting. Enfin, Olivier Deschacht avait un concurrent valable à la position d'arrière gauche. Pourtant, après une journée de championnat, Vercauteren voudrait deux Deschacht dans son équipe : un comme arrière gauche et un comme défenseur central. «Je ferai toujours l'objet de polémiques, sourit Olivier Deschacht. On ne me laissera jamais tranquille.»

À Anderlecht, vous êtes une valeur sûre. Mais René Vandereycken n'a jamais fait appel à vous. Vous songez à la sélection de lundi, pour le match contre le Kazakhstan?

Bien sûr que j'y songe. Cela fait mal de ne pas encore avoir été sélectionné par l'entraîneur fédéral. Je fais de mon mieux et je reçois des bons commentaires dans les journaux. Tout le monde apprécie mes prestations, sauf une personne. Et le hasard veut que cette personne soit l'entraîneur fédéral. Je ne comprends vraiment pas pourquoi il en est ainsi.

Vous ne lui avez jamais posé la question ?

Non. Qui est Olivier Deschacht? Je ne suis pas un joueur déterminant dans l'équipe. Cela dit, si je ne suis pas dans le noyau lundi et que je le rencontre, je vais peut-être très poliment lui demander pourquoi je ne lui conviens pas. Mais ces mots ne sont d'application qu'à partir de lundi.

Vous estimez avoir rarement joué des mauvais matches en équipe nationale...

J'ai bien joué contre la Bosnie, Saint-Marin, la Grèce, l'Espagne et même lors du dernier match contre la Lituanie. Je sais qu'au cours de ce dernier match, j'ai commis une erreur en marquant un but contre mon camp. Mais tout le monde commet des erreurs. Moi, apparemment, je ne peux pas me le permettre.

Le fait d'être écarté par Vandereycken vous a touché ?

Oui, parce que je suis ambitieux et l'équipe nationale est le sommet. Je veux aller au Championnat d'Europe avec les Diables Rouges.

Vous pouvez peut-être prendre un nouveau départ en tant que défenseur central, comme vous l'avez prouvé à Saint-Trond.

C'est positif de savoir que le coach peut compter sur moi à cette position. Mes qualités dans l'axe? Celle de coacher les autres et d'être rapide. Les choses à améliorer? Je manque d'audace dans les duels aériens et mon jeu de position doit s'améliorer. Je prends surtout Cannavaro comme exemple. Quelle fantastique Coupe du monde il a réalisée! Mais la position d'arrière gauche prime pour moi. C'est là que je veux devenir le meilleur. Ce n'est pas toujours un avantage d'être polyvalent. Je connais beaucoup de joueurs polyvalents qui se retrouvent sur le banc. L'axe de la défense, c'est pour quand je serai plus vieux et... moins rapide.

© Les Sports 2006