On craignait de voir la foudre du Marakana tomber. Il aura presque suffi de laisser Tosic, Tadic et l’orage serbe passer.

Car en quittant la Serbie avec trois points et une victoire acquise comme un vol à main armée, les Diables s’en seront bien, très bien sortis. Hier soir, dans un stade "piégeux" mais moins surchauffé que certains l’avaient programmé, les chefs de bande belges avaient pris le nom de Kevin De Bruyne et Christian Benteke.

Au moment où les Belges se débattaient pour éviter la noyade, au moment où Tosic, Tadic, Kolarov et Ivanovic multipliaient les occasions avec la déveine des mauvaises soirées, les deux Diables seront en effet sortis de leur boîte pour offrir à la Belgique un but inespéré. Servi par Chadil, Kevin De Bruyne offrait un superbe ballon à un Christian Benteke dont le plat du pied et le réalisme affiché hier devraient enfin faire taire ses détracteurs.

A 0-1, la Belgique se retrouvait soudainement bien payée. Car, en dépit du système offensif planté par Marc Wilmots (Witsel devant à lui seul occuper les tâches défensives au milieu du jeu), les Hazard, Chadli et Dembélé restaient quasiment muets.

Seul sur la planète, Kevin De Bruyne parvenait occasionnellement à décoincer le bloc belge et à distiller quelques passes lumineuses en direction de Benteke. A quelques coudées du joueur de Brême, Moussa Dembélé tentait lui aussi de sortir la tête de l’eau, effaçant Mijailovic ou Ignjovski avec une déconcertante facilité tout en se rendant aussi coupable de pertes de balles "kamikazes".

Loin, très loin derrière les deux médians, Eden Hazard restait encore amorphe et muet, ne trouvant sa seule occasion qu’au moment où Mertens s’apprêtait à le remplacer.

Reste qu’en dépit des offensives serbes, le vent commençait à tourner. Car tandis que la guerre des Balkans tournait au défi physique, les Diables prenaient doucement le dessus à mesure que l’heure tournait. Et alors que Mertens loupait l’occasion de doubler la mise, Kevin De Bruyne parfaitement lancé par Chadli choisissait l’heure de jeu passée pour mettre les Belges à l’abri (0-2). Au-dessus de la mêlée, l’ancien Genkois aura hier soir rendu le plus bel hommage aux choix tactiques de Marc Wilmots. Même remplacé par un Mirallas venu clore le score (0-3 à la 90e), le coup de génie, c’était lui !