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Football

Deux Souliers d'or sur le banc...

CHRISTOPHE BERTI

Publié le - Mis à jour le

ENVOYÉ SPÉCIAL À KUMAMOTO

Quand Emile Mpenza a finalement déclaré forfait pour la Coupe du monde, beaucoup ont imaginé que l'année magique de Wesley Sonck, meilleur buteur du championnat, Soulier d'or et `Footballeur Pro de l'année´, allait se poursuivre au Japon par une place de titulaire en équipe nationale.

Mais à Paris, Robert Waseige a changé la donne, préférant l'expérience de Verheyen et Wilmots à la fougue de Sonck, en grande partie aussi parce que Mbo Mpenza, à nouveau en forme, constituait une alternative sérieuse à droite.

Désormais, le `wonder-boy´ du foot belge doit se contenter d'une place sur le banc. Il n'en fait pas pour autant un drame: `Mon but est évidemment de jouer un maximum et de prouver ma valeur. Je ne me considère d'ailleurs pas comme un joker, mais comme un élément à part entière du groupe qui doit donner le maximum si on fait appel à lui. Je suis jeune, c'est vrai, mais j'ai déjà prouvé en championnat, en marquant trente buts, et même en équipe nationale que j'avais un bon niveau. J'attends ma chance, avec sérénité.´

Belle maturité

Au centre de toutes les attentions médiatiques, hier, l'attaquant de Genk a fait preuve d'une belle maturité en répondant aux questions avec décision mais sans monter le ton.

`C'est vrai que je considère que les deux seuls vrais attaquants du noyau sont Strupar et moi, parce que Mbo et Verheyen jouent plus à droite, mais je ne me formalise pas parce que Gert et Wilmots ont la préférence, en pointe. Ils disposent d'autres `papiers´ que moi à ce niveau. L'entraîneur choisit une tactique et je la respecte. Si je ne commence pas un match, je suis déçu, c'est normal. Depuis deux ans, je n'ai jamais été sur le banc. Mais je ne suis pas du genre à m'effondrer ni à poser des problèmes. A l'entraînement, je me donne à fond, pour montrer qu'on peut compter sur moi.´

Marc Degryse, consultant pour un journal flamand, estime que Sonck doit jouer. Wesley apprécie le compliment.

`Marc me connaît, j'ai joué avec lui. Mais il n'est pas entraîneur national... J'ai l'habitude, à Genk, de m'appuyer sur Dagano qui monopolise plusieurs défenseurs dans l'axe. En équipe nationale, le système est différent. C'est à moi de m'adapter. Mentalement, croyez-moi, je suis encore très frais. J'ai envie de réussir une belle Coupe du monde, mais j'ai encore plus envie que la Belgique réussisse une belle Coupe du monde...´

Branko Strupar positive

Pour Sonck, c'est aussi une vitrine pour un éventuel transfert. Pour Strupar également, même si l'ex-Croate est conscient qu'à 32 ans et avec encore un contrat à honorer à Derby, la situation se présente de manière différente.

`Je ne suis pas ici en rêvant d'un transfert, sourit-il. Je le répète, je considère ma sélection comme la récompense d'un long travail de fond pour revenir au premier plan après une blessure grave. Etre ici est déjà une victoire. Ce qui ne signifie pas que je suis en vacances à Kumamoto, au contraire, mais je n'ai rien à exiger. Mon but, c'est d'être prêt si on fait appel à moi et d'aider la Belgique à se qualifier. Après l'échec de l'Euro 2000, on a tous une revanche à prendre. Il serait stupide de gâcher nos chances en tirant la couverture à soi. A la limite, ce serait peut-être mieux que je ne rentre pas en cours de match, mais que ce soit un défenseur qui le fasse. Cela voudrait dire qu'on gagne 2-0 et qu'il faut gérer le score...´

Visiblement, les deux attaquants ne ruminent pas (encore). Comment aurait réagi Luis Oliveira, meilleur buteur du championnat d'Italie de Serie B et grand protagoniste de la montée de Côme en division 1? On ne le saura jamais.

© Les Sports 2002

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