En d'autres temps, on eût volontiers embouché les trompettes du dithyrambe pour saluer comme il devrait être loué l'exploit d'Ostende au stade Vanden Stock. Cette première victoire en déplacement de l'ex-lanterne rouge sur la pelouse de la seule formation qui avait glané le maximum de points en dix sorties devant ses supporters s'inscrira même peut-être, dans trois mois, comme la prouesse nationale dans le cours de cette saison noire. Mais aujourd'hui, cette performance méritoire, qui n'engendre d'ailleurs pas une incidence tangible au classement, s'efface presque devant la confirmation, implacable, de la déliquescence anderlechtoise, que le changement d'entraîneur n'a pas directement infirmée. Cette performance ostendaise n'est même pas révélatrice d'un mal-être mauve: ce dernier est ancré depuis longtemps déjà dans les esprits des joueurs du Parc Astrid. Même si, ces dix dernières saisons, le Sporting a parfois réalisé, dans les chiffres, un parcours moins probant encore -il avait encaissé cinq défaites en 2002-2003 et en 1998-99 et six en 1997-98 -, il apparaît terriblement vulnérable. Bien plus encore que le Club Bruges du premier tour de la saison qui, dans le même laps de vingt matches, avait concédé six défaites et quatre partages avant de se ressaisir joliment. C'est ce constat, surtout, qui doit préoccuper ses têtes pensantes. Car si, dans l'immédiat, le Sporting ne doit plus regarder vers le haut du tableau, il doit, plus que jamais, surveiller ses arrières. La preuve? Si Standard- Genk n'avait pas été reporté, le Sporting aurait glissé, provisoirement peut- être, en Coupe de l'Uefa. Certes, il doit encore se déplacer à Mons et, peut- être, rejouer contre La Louvière. Mais qui peut assurer que, dans l'état de forme collective qui l'habite aujourd'hui, le Sporting remportera ces deux matches de rattrapage? Anderlecht est sur le recul. Il n'est plus du tout assuré de demeurer le dauphin de Bruges. C'est cela, l'enseignement majeur de la journée. Le Standard apparaît certes encore erratique mais il semble avoir jugulé ses démons. Genk a nettement pris son élan vers les modestes sommets nationaux. Ces tendances ont leur importance si on épingle quelques chocs à venir dans cette fin de saison: Genk-Bruges, Genk-Anderlecht, Club Bruges-Standard, La Louvière-Anderlecht, Anderlecht-Standard et La Gantoise-Genk, Westerlo-Anderlecht et Club Bruges-Anderlecht. Vingt-quatre heures plus tard, le Club Bruges accroissait encore, contre un Charleroi un peu austère, son avantage sur Anderlecht. Mais ce n'était déjà plus qu'une anecdote...

© Les Sports 2005