Valence s’est qualifié pour sa deuxième finale consécutive de la Ligue des champions en mettant fin au rêve de Leeds (3-0), mardi lors de la demi-finale retour à Valence.

Auteur d’un nul (0-0) en Angleterre, Valence partait sur les chapeaux de roue. Dès la 3e minute, Juan Sanchez centrait pour Mendieta, qui tentait une belle volée mais Nigel Martyn, héros du match aller, se détendait et détournait le ballon.

Les Valenciens étaient récompensés de leurs efforts dès le quart d’heure de jeu. L’Argentin Kily Gonzalez opérait un lumineux changement d’aile en profondeur pour Mendieta, qui centrait pour Sanchez. Le plus petit joueur sur le terrain propulsait le ballon dans les filets, apparemment avec la poitrine. Les Anglais protestaient en vain, réclamant une main: l’arbitre accordait finalement le but.

Leeds tentait de revenir. A la 27e minute, la défense espagnole était heureuse de pouvoir dégager un ballon cafouillé dans sa surface. A la 30e, le Français de Leeds, Olivier Dacourt, passait quatre Valenciens mais son tir était trop faible pour inquiéter Canizares. L’Australien Mark Viduka faisait un festival dans la surface et servait Batty, dont la reprise était également trop faible. Puis Canizares stoppait un beau tir d’Alan Smith. Valence souffrait.

Toutefois, la partie basculait définitivement dès le début de la deuxième période. Juan Sanchez logeait des 25 m un tir brossé dans le coin gauche de Martyn (47e).

Leeds se ruait à l’attaque et se faisait cueillir sur un contre à peine cinq minutes plus tard: Angloma trouvait l’irrésistible Juan Sanchez, qui passait le ballon à Mendieta. Le capitaine valencien trompait une nouvelle fois Martyn (3-0, 52e). Les Espagnols auraient même pu alourdir la marque, Juan Sanchez trouvant le poteau et Martyn opérant de beaux arrêts sur des tirs de Mendieta, Carew et Sanchez.

DÉCLARATIONS

Hector Cuper (entraîneur de Valence): «C’est vrai qu’on a utilisé deux stratégies différentes à l’aller et au retour. Aujourd’hui j’ai le sourire. Tout s’est bien passé en Angleterre, puis ici. Donc on a bien fait! Ce n’est pas grâce à moi, ce sont les joueurs qui jouent. Ils appliquent une stratégie, une philosophie que j’essaie de leur donner mais ce sont eux qui entrent sur le terrain et qui gagnent. Les responsabilités et les mérites sont pour eux. Si moi je gagne quelque chose, tant mieux pour moi, mais ce n’est pas grâce à moi. Ce n’est pas un hasard si j’atteins ma troisième finale comme entraîneur (ndlr: une finale de C1 perdue contre le Real Madrid avec Valence en 2000 et une de C2 perdue contre la Lazio Rome avec Majorque en 1999) mais je le dois aux joueurs. Si mon discours passe je peux être satisfait. Je ne suis pas surpris de notre parcours. Au début de l’année, je n’aurais pas été aussi affirmatif mais petit à petit le rêve se fait réalité. Et voilà, nous y sommes. L’expérience nous dit qu’on ne peut pas répéter les mêmes erreurs que l’année dernière. Nous avons une deuxième opportunité de gagner la Ligue des champions et cette fois, il faut gagner. Nous allons penser à nos erreurs passées. On dit que la troisième est la bonne. L’année dernière, après la défaite contre le Real, j’avais dit que je donnerais ma vie pour la rejouer. Je donnerais ma vie pour gagner le 23 mai prochain. Je n’ai pas de préférence pour la finale. De toute façon, il ne dépend que de nous de gagner cette finale».

David O’Leary (manageur de Leeds): «C’est dommage qu’on utilise la vidéo pour empêcher Bowyer de jouer, mais pas pour empêcher l’arbitre de valider un but non valable comme celui de Juan Sanchez (ndlr: Leeds réclamait une main sur le 1er but de Valence). En plus, nous avons appris la suspension de Bowyer 24 heures avant le match, cela nous a perturbés mais ne cherchons pas d’excuses. Nous avons perdu parce que Valence a été meilleur. Ils ont une très bonne équipe et je leur souhaite à eux et à leur entraîneur le meilleur pour l’avenir. Nous ne sommes pas en finale. Nous sommes très déçus, des gens seront très déçus mais il faut regarder notre parcours, d’où nous venons: personne ne nous attendait. Je suis fier de mes joueurs et de ce qu’ils ont fait. Nous avons rencontré de belles équipes. Et finalement, nous tombons contre plus fort que nous. J’ai notamment été très impressionné par leur défense et leur organisation. C’est une équipe très défensive et on ne peut pas se permettre de laisser passer sa chance contre eux. Bonne chance à Valence. C’était ma deuxième demi-finale européenne en deux ans (ndlr: élimination par Galatasaray l’année dernière en Coupe de l’UEFA), j’espère que la prochaine fois je pourrai aller en finale».