Quarante et un buts marqués en trente-huit matches. Cette saison, Cristiano Ronaldo a marqué exactement le même nombre de buts que… le Standard durant toute la phase classique. Même s’ils ne connaissent pas les difficultés du club liégeois en championnat cette année, les Diables sont inquiets à l’idée d’affronter ce cyborg, cette véritable machine à marquer.

Plusieurs joueurs belges ont déjà pu l’affronter mais aucun n’a trouvé de recette miracle. "Je l’ai souvent retrouvé pendant trois saisons quand j’étais à l’Atletico Madrid" , se souvient Thibault Courtois. "Même si j’ai déjà réussi des clean sheets contre lui et le Real, il m’a marqué pas mal de buts…"

Onze buts, pour être précis. Sept en Liga, trois en Coupe du Roi et un durant les prolongations de la finale de la Ligue des Champions. "Il est capable de marquer à n’importe quel moment car il a une frappe puissante, précise et très subite" , analyse le gardien de Chelsea. "Le ballon est toujours flottant avec lui et c’est compliqué pour un gardien."

Jason Denayer est l’un des derniers Diables à avoir défié le triple Ballon d’Or. C’était le 24 juillet dernier à Melbourne en match de préparation avec Manchester City. "Je devais m’occuper de Benzema mais il switchait beaucoup avec Ronaldo et je me suis donc souvent retrouvé face à lui" , raconte celui qui a été loué depuis à Galatasaray.

Les Citizens en avaient pris quatre ce jour-là, dont deux de CR7. "Je dois reconnaître que ça ne s’était pas vraiment bien passé", grimace Denayer . "Il peut faire la différence sur chaque mouvement. C’est ça le plus gros problème avec lui : il peut faire quelque chose qui change tout quand il veut. D’une frappe ou d’une accélération. Tu peux regarder autant de vidéos de lui que tu veux, il va te surprendre en sortant un autre truc. Il n’a pas de point faible."

Le collectif pour contrer l’individuel

Les Diables ont quand même une idée pour empêcher Ronaldo d’encore faire grimper un compteur qui affiche déjà cinquante-cinq roses en équipe nationale : le collectif. "C’est ce que Diego Simeone voulait quand on jouait face à lui" , révèle Courtois. "Les milieux de terrain devaient à chaque fois assurer les couvertures car tu ne peux pas t’en occuper seul. Maintenant, on ne joue pas le même style de jeu avec les Diables. On joue de manière plus dominante que l’Atletico. Il ne faut pas lui laisser d’espace et jouer court et dur sur lui. Le blesser comme Stijn Stijnen l’avait déclaré lors d’un affrontement au Portugal en 2007 ? Non, évidemment (rires) ."

Ça ne sera de toute manière peut-être pas nécessaire car Ronaldo a déjà un autre rendez-vous en tête. Un rendez-vous fixé sur MSN contre le FC Barcelone samedi. "Je ne sais pas combien de temps il va jouer contre nous et dans quel état d’esprit" , s’interroge Courtois. Réponse mardi soir sur la pelouse de Leiria…


Coup de jeune en défense

C’est la belle histoire de la semaine. Celle de Bjorn Engels, heureux comme un gamin de se retrouver avec les Diables.

"Il n’y a pas si longtemps, j’ai traversé des moments difficiles avec ma blessure et j’ai même songé à arrêter le football" , raconte le Brugeois de 21 ans. "Je rejoue depuis seulement trois mois et me voilà chez les Diables ! Ces joueurs-là, j’avais l’habitude de les regarder à la télévision le week-end."

Pris sous l’aile de Lombaerts, Engels a dû s’adapter à l’intensité des entraînements. "Ce qui m’a le plus marqué, c’est la vitesse de circulation de balle. Il faut donc réagir et penser plus vite. Au début, c’est difficile de suivre le rythme. Mais petit à petit, on commence à s’y faire."

Le Brugeois apprend. Et savoure. Sans se mettre trop de pression. "Je ne m’attends pas à avoir du temps de jeu au Portugal. Et je ne me vois pas figurer sur la liste des 23 à l’Euro. Je suis réaliste : je suis là parce qu’il y a des blessés. J’ai encore beaucoup d’étapes à franchir avant de m’installer en sélection."

Denayer sera au centre de la défense

S’installer en sélection, Jason Denayer est en train de le faire. Marc Wilmots l’a encore une fois affirmé après la séance d’entraînement de cet après-midi : le Bruxellois jouera en défense centrale.

Cela tombe bien, il a également retrouvé ce poste avec Galatasaray. "J’ai vécu un début de saison difficile. J’ai commencé dans l’axe avant d’être mis à droite et de me blesser . Depuis que je suis à nouveau en pleine possession de mes moyens, j’ai à nouveau davantage joué à mon poste de prédilection."

Son avenir reste assez brumeux. Il l’affirme : "Je ne devrais pas rester à Galatasaray. La décision n’est pas que la mienne, c’est aussi celle de Manchester City. Mes agents ont peut-être parlé avec le club mais je n’y fais pas gaffe. Pep Guardiola m’a-t-il appelé ? Non. Mais la venue d’un tel entraîneur, cela booste. On se pose les mêmes questions à mon sujet depuis deux ans, donc on verra bien, même si j’ai envie de leur prouver."


L’infirmerie belge se remplit

Il balaie les inquiétudes d’un revers de main. Après Eden Hazard et Vincent Kompany, Divock Origi, Christian Benteke et Thorgan Hazard ont rejoint une infirmerie que Jan Vertonghen et Kevin De Bruyne viennent, eux, tout juste de quitter.

Mais Marc Wilmots ne s’en fait pas : "Les blessures ne m’inquiètent pas; on fera les comptes au mois de mai" , assène le sélectionneur.

D’ici au 28 mai, date de la finale de la Ligue des Champions qui résonnera comme le coup de sifflet final de la saison du football des clubs, tous les blessés du moment auront repris, à l’exception peut-être de Vincent Kompany. Déjà blessé au mollet dans le passé, le capitaine des Diables Rouges avait rechuté lors de la rencontre de Ligue des Champions contre le Dynamo Kiev.

Vermaelen sans temps de jeu

Alors que certains continueront à jouer d’ici juin, certains devront se contenter de miettes. Thomas Vermaelen apparaît en tête de liste des éléments en manque de temps de jeu, lui qui n’apparaît que comme la doublure de la doublure au Barça. Mais le sélectionneur convoque là la jurisprudence Daniel Van Buyten.

"A l’époque, Daniel manquait de temps de jeu au Bayern. Il a donc spécifiquement préparé sa Coupe du monde. Cela veut dire : travailler dur avec un objectif en tête et se soigner du matin au soir comme un vrai professionnel. Résultat : Daniel avait été un des meilleurs Diables au Brésil."

Moins jouer et arriver frais à l’Euro

Vermaelen sera peut-être l’un des meilleurs Diables en France mais à la différence de Big Dan qui avait eu le temps de se préparer puisque le Bayern avait été champion très tôt avant de se faire éliminer en Ligue des Champions le 29 avril, l’Anversois risque d’être le dernier des 23 sur le pont.

"Dans le cas de Vermaelen mais aussi pour les autres, on fera le point avec les préparateurs physiques de chacun des clubs , rétorque Wilmots . Dans les temps de jeu, il y a à boire et à manger, ceux qui jouent moins maintenant arriveront frais à l’ Euro alors que d’autres risquent d’être cramés. A nous de trouver le bon équilibre. Nous aurons une préparation de trois semaines pour bien mettre tout cela au point."

En espérant être épargné par les pépins d’ici là.>