Il vous accueille avec une poignée de main franche et vous invite à prendre place dans l’un des fauteuils en cuir qui trônent au milieu de son bureau qu’il partage avec son adjoint, Guy Stéphan. Le teint hâlé trahit les vacances que Didier Deschamps s’est octroyées. Mais la cloche a sonné, l’heure de la rentrée aussi. Pour les Bleus , la première copie de la saison sera rendue demain soir à Bruxelles.

Juste avant de dévoiler son groupe jeudi dernier, le sélectionneur français nous a longuement reçus. Pour parler de cette rencontre. Entretien.

Didier Deschamps, spontanément, si je vous dis Belgique, que vous vient-il à l’esprit ?  

Enthousiasme et passion. C’est ce que j’ai pu voir par rapport au parcours de qualifications. Cet engouement populaire. Cela fait plaisir.  

Cela vous fait envie ?  

Non, je ne suis pas envieux. Tant mieux. La Belgique a connu de très bonnes périodes en 82, 86, 90. Après, cela a été plus délicat. Il y a une génération jeune avec beaucoup de talents, beaucoup de joueurs qui évoluent dans de grands clubs européens. Potentiellement, ils n’ont peut-être pas encore l’expérience internationale. Mais c’est normal car il doit y avoir une moyenne d’âge de 25 ans je crois. Mais, poste par poste, quand on prend les joueurs, ils sont titulaires dans des grands clubs européens.  

Pour vous, ce match s’inscrit-il dans la logique de se confronter à des nations majeures en match amical comme c’est le cas depuis un an ?  

Disons que ce n’est pas un cadeau d’aller jouer en Belgique. Il y a toujours cette rivalité avec les frontaliers. Cela reste des classiques. Mais de par son parcours ces dernières années, la Belgique est supérieure à l’équipe de France.  

Ce n’est plus la petite Belgique…  

(Il coupe) . Non, non, parce qu’il y a des résultats qui sont là dans la phase de qualifications. Il y a un classement Fifa aussi qui est bien meilleur que le nôtre. Je sais qu’on va avoir en face de nous beaucoup d’adversité.  

Mais, selon vous, la Belgique est-elle devenue une grande nation ?  

C’est quoi une grande nation ? Aujourd’hui, tous les feux sont au vert. Ils ont de grandes chances de se qualifier pour la Coupe du Monde. Après, il faudra y être performant. Il y a des paramètres qu’on ne maîtrise pas : le tirage au sort. Cela tient parfois à peu de chose. La Belgique m’inspire le respect. Le constat que je peux faire c’est qu’elle est redevenue compétitive sur le plan international car elle a beaucoup de joueurs qui sont dans des grands clubs et qui y sont titulaires. Il y en a un peu moins en France qu’à une certaine période. Tant mieux pour les Belges et c’est ce que je souhaite à mes joueurs, d’être confronté au quotidien à l’exigence du haut niveau.  

Vu le potentiel, ne vaut-il mieux pas être sélectionneur en Belgique qu’en France ?  

Je suis très content d’être sélectionneur de l’équipe de France. Je pense que Wilmots a beaucoup de matériel et à sa disposition un effectif de grande qualité.