Son crâne chauve est redevenu vierge de toute maculation. Faute de pouvoir imiter ses équipiers mieux «fournis», qui s'étaient teint les cheveux aux couleurs de l'Austria pour célébrer dignement la conquête d'un nouveau titre national, Didier Dheedene avait fait «tagger» sur sa tête nue l'emblème du club.

Cette oeuvre éphémère n'a-t-elle pas plu à Lory, sa compagne roumaine qui partage sa vie depuis neuf mois? Dès le lendemain de la finale de la Coupe d'Autriche, remportée contre Karnten, le défenseur anversois en avait effectivement gommé toute trace.

Prolongation de contrat

Didier Dheedene est un de nos expatriés volontaires qui 'exportent bien.

«J'avais déjà conquis une Coupe - avec Germinal - puis un titre - avec Anderlecht -, mais jamais encore je n'avais réussi le doublé. Je suis titulaire dans l'équipe autrichienne la plus probante. Ai-je livré pour autant la meilleure campagne de ma carrière? Honnêtement, je ne le pense pas. Je la situe toutefois dans mon tiercé de tête, à égalité avec ma dernière saison à Ekeren et mon dernier championnat avec le Sporting. J'ai disputé vingt-huit matches, auxquels il faut ajouter les rencontres de Coupe d'Autriche et de Coupe d'Europe.»

Le mérite de Didier Dheedene n'est pas mince: «J'ai longtemps souffert des abdominaux. Comme le pic de la douleur précédait de peu la date des premières négociations en vue de la reconduction de mon contrat, en janvier dernier, je me suis accroché tant que j'ai pu. La longue trêve imposée au championnat m'a permis de digérer une intervention devenue indispensable. Enfin totalement guéri, j'ai pu achever la saison en force...»

Didier Dheedene s'est révélé tellement convaincant que l'Austria a ouvert son contrat et lui a fait signer une prolongation de deux ans assortie d'une option pour deux années supplémentaires. «J'en suis heureux car je me plais énormément ici. Même si on s'entraîne deux heures par jour et si nous nous retirons systématiquement au vert avant chaque match, même quand nous sommes appelés à affronter, en Coupe, un adversaire de D 3. J'adore l'ambiance de Vienne, ses cafés, ses magasins. Et j'apprécie la gastronomie autrichienne. J'aimais beaucoup également la vie à Munich mais... je jouais moins souvent.»

«Anthuenis me connaît»

Didier Dheedene s'est coulé avec aisance dans le nouveau moule des Diables Rouges.«J'avais déjà été rappelé avant les déplacements en Algérie et en Croatie mais je n'étais pas apte physiquement. Je le suis aujourd'hui. Aimé Anthuenis me connaît toujours parfaitement. Il sait que je n'ai pas perdu ma principale vertu: je suis un bosseur. Je l'ai toujours été. Le sélectionneur fédéral n'a pas oublié non plus que, si je ne serai jamais un leader charismatique, l'expérience que j'ai acquise me permet souvent de coacher l'équipe à laquelle j'émarge. Sur le terrain, je n'hésite jamais à m'exprimer.»

A Sofia, les Diables seront sans doute invités à beaucoup dialoguer pour mieux se trouver sur le terrain: «A Anderlecht, Goor et moi coulissions les yeux fermés sur le flanc gauche. Ces automatismes se sont forcément étiolés depuis deux ans. Raison de plus pour se parler...»

© Les Sports 2003