Il a appris la nouvelle dans un bus, au Japon, où le Barça disputait en décembre le Mondial des clubs.

Jamais, encore depuis son départ il y a 18 mois, Thomas Vermaelen n’avait eu le temps de revenir à Arsenal où le FC Barcelone se rend ce mardi soir. Question d’emploi du temps. "Je ne vais jamais cacher que je suis heureux de retrouver ce club. J’y ai vécu de belles choses", a avoué le Diable dans le "Daily Mail".

Cinq années précisément où il a éclos au plus haut niveau, quittant un navire dont il était capitaine avec élégance alors qu’il avait doucement glissé sur le banc. Une situation rare durant ces années londoniennes qui est devenue son quotidien depuis son arrivée en Catalogne. "Que peut-on attendre quand on arrive dans un club comme Barcelone ? Je le vois comme un défi. Je suis ravi d’être ici. Il y a 5 joueurs pour deux places. Il faut se battre. Il n’y a que de bons joueurs ici, il n’y aucun point faible dans l’équipe. Il faut travailler. Je suis ravi d’être là", a-t-il répété dans le "Telegraph".

"Bien sûr, je ne joue pas tous les matches; je ne suis pas Messi. Ce n’est pas simple de jouer ici, il y a beaucoup de concurrence, de bons joueurs, notamment en défense centrale, mais on ne peut pas s’attendre à ce que ce soit facile de jouer dans un club comme celui-ci. C’est un défi, mais je suis très content d’être là, de m’entraîner avec les meilleurs, de progresser avec eux et d’essayer de jouer le plus de matches possible."

Des paroles de sage

Les occasions de se montrer sont rares. Samedi, à Las Palmas, le Diable s’est montré à son avantage durant 20 minutes, Luis Enrique saluant son apport.

"Nous avions des problèmes dans le jeu aérien et Thomas nous a soulagés dans ce domaine", a souligné le technicien qui avait pourtant préféré aligner Jérémy Mathieu aux côtés de Javier Mascherano alors que Gérard Piqué était au repos, preuve tangible que le Français est désormais passé devant l’Anversois dans la hiérarchie des défenseurs centraux.

Plutôt que de solliciter un entretien avec son entraîneur dans l’espoir de faire bouger les choses, Vermaelen préfère saluer les qualités d’Enrique qu’il trouve "très bon dans la relation avec ses joueurs". "J’aime ça", poursuit le défenseur. "Mais à la fin, il prend les décisions et je trouve qu’il n’a pas à s’en justifier. Il parle à tout le monde. Il va vous dire où progresser, mais il ne peut pas non plus vous expliquer chacun de ses choix. C’est le boss."

Et le joueur refuse de s’imaginer ailleurs même si sa cote reste très élevée en Premier League (voir par ailleurs). "Est-ce que je peux abandonner l’opportunité de jouer pour Barcelone ?" interroge, dans le "Telegraph", celui qui est sous contrat jusqu’en juin 2019. "Je savais que ce serait difficile. Quand vous jouez contre Messi, Neymar ou Suarez à l’entraînement, vous apprenez beaucoup et vous ne pouvez que progresser. Après, tout peut aller très vite. Dans le football, on ne peut jamais trop se projeter, tout peut arriver. J’ai 30 ans, j’ai assez d’expérience pour savoir qu’on ne peut rien prévoir."


Vers un retour en Angleterre ?

Dans ses différentes interviews aux médias anglais, Thomas Vermaelen n’a pas manqué de rappeler qu’il se "sentait bien" à Barcelone.

Lui et sa compagne qui vient de donner naissance au deuxième fils de la famille apprécie la douceur de vivre de Castelldefels, cité portuaire où vivent également Lionel Messi, Luis Suarez et Marc-André ter Stegen. Mais la situation sportive du joueur, quatrième choix en défense centrale, n’est pas forcément une source de réjouissance.

Sa cote reste positive

Très critiqué le mois dernier après une prestation très moyenne en Coupe du Roi, le Diable jouit sur le marché d’une bonne cote. En Angleterre, il a laissé l’image d’un défenseur rapide et doué, mais souvent trahi par son corps. Les noms de Chelsea et Liverpool sont apparus ces dernières semaines dans la presse britannique. Si les Reds sont bien pourvus à ce poste et ont officialisé la venue pour la saison prochaine du défenseur central international camerounais de Schalke, Joël Matip, gaucher comme Vermaelen, les Blues pourraient s’activer.

Le flou entourant l’avenir de John Terry qui risque de ne pas prolonger associé à la longue absence de Kurt Zouma va rendre le besoin de recruter un défenseur central plus pressant. Et Vermaelen reste apprécié. Mais l’état-major londonien va d’abord s’atteler à trouver un entraîneur pour la saison prochaine avant de s’attaquer au recrutement.


Quand le Bayern Munich boite

Je ne sais pas quelles sont les intentions de l’entraîneur." Karl-Heinz Rummenigge est comme les autres : dubitatif. Alors qu’il se rend à Turin ce mardi soir, le Bayern Munich se présente une nouvelle fois amputée de nombreux cadres.

Si Franck Ribéry l’a enfin quittée, l’infirmerie continue d’être très fréquentée, notamment par des défenseurs. Blessé gravement aux adducteurs, Jerome Boateng ne reprendra pas avant le mois d’avril et beaucoup craignent en Allemagne de le voir déclarer forfait à l’Euro.

Depuis fin janvier, Javi Martinez a vu les douleurs à son genou droit opéré en 2014 se réveiller. Et ce souci au ménisque le rend indisponible au mois jusqu’à mi-mars alors qu’Holger Badstuber en est à sa cinquième grave blessure depuis 2012. Sa saison est d’ores et déjà terminée alors que celles de Mario Götze et Mehdi Benatia vont enfin reprendre.

Une telle répétition de blessures interroge. "On ne peut pas parler de malchance ou de hasard", a lancé dans la presse allemande Lars Lienhard, expert dans la préparation physique médicale qui était dans le staff de la Mannschaft au Brésil. "C’est un problème global."

En conflit avec Guardiola

Un problème que le départ d’Hans Müller-Wohlfahrt, en poste depuis plus de 40 ans, n’a pas résolu.

Le praticien était entré dans un conflit ouvert avec Guardiola, lui reprochant de vouloir précipiter le retour des blessés.

Le technicien, lui, était fatigué de voir ses joueurs se rendre dans le cabinet du praticien en centre-ville et a fini par obtenir gain de cause sans que la situation change.

Preuve que la question reste crispante, Ribéry ou Boateng, par exemple, continuent de consulter Müller-Wohlfahrt qui a été remplacé cet été par l’ancien médecin de Dortmund, Andreas Schlumberger. En attendant un retour au club la saison prochaine qui apparaît presque acquis, Müller Wolhfahrt continue de faire des miracles puisqu’il a notamment remis sur pied Sami Khedira, qui souffrait des adducteurs et qui devrait pouvoir tenir sa place. Du côté turinois…