Dans l’immédiat après-guerre, le football belge est phagocyté par le Sporting d’Anderlecht. Entre 1946 et 1956, les Mauves sont champions sept fois, leur règne n’étant interrompu que par le FC Malines et le FC Liégeois.

Pendant cette période, le Standard est quasiment muet. Les Rouches ont échoué à un souffle du Daring en 1936 puis se sont contentés d’un succès en coupe, en 1954. Mais l’ambition habite Sclessin. Ancien joueur, Roger Petit est devenu administrateur-délégué du club. Il sait où il veut aller. Il engage un entraîneur français, André Riou, en 1953. L’homme bâtit une équipe compétitive et en 1958, le Standard succède à l’Antwerp au firmament du foot belge.

Les vedettes de l’époque s’appellent Nicolay, Houf, Mallants, Piters, Mathonet. Elles découvrent l’Europe sous la direction d’un nouveau mentor, le Hongrois Kalocsay. En 1961, celui-ci les emmène vers leur deuxième titre.

Deux ans plus tard, les Liégeois ajoutent une ligne à leur palmarès. Le Standard est devenu un ténor. Il engage un stratège de haut vol, le Yougoslave Michel Pavic. Lequel peut compter sur une défense de fer avec Jeck, Thissen, Dewalque, Beurlet et deux grands gardiens de but, Nicolay et Piot. Mais cela ne lui sourit guère, puisque, de 1964 à 1968, piqué au vif par l’éclosion de son rival principautaire, le Sporting d’Anderlecht remet sa patte sur le championnat.

Le Standard ne s’en laisse toutefois pas conter plus longtemps. René Hauss, l’Alsacien, réussit l’amalgame entre les défenseurs précités, une ligne médiane de surdoués (Depireux, Takac, Pilot et le génial Van Moer) et une ligne d’attaque de feu (Semmeling, Galic, Nagy, Kostedde). Un groupe pareil se doit d’émerger : il le fait en 1969, 1970 et 1971.

Cette année-là, les Rouches vont chercher le titre avec les dents, en gagnant la dernière joute (2-3) au FC Bruges, devenu le troisième "grand" de Belgique. C’est leur chant du cygne car les années '70 ressemblent furieusement à une traversée du désert. Anderlecht et Bruges se partagent les lauriers, sauf en 1975 et en 1979, quand le RWDM et Beveren brisent leur hégémonie.

Mais le Standard, tel le Sphynx, refait surface. L’intransigeant entraîneur autrichien Ernst Happel lui avait déjà redonné des couleurs mais c’est Raymond Goethals qui triomphe, avec deux titres en 1982 et 1983 (chaque fois devant Anderlecht), et une finale de coupe d’Europe (perdue contre Barcelone) en 1982. C’est l’ère des Meeuws, Vandermissen, Gerets, Plessers, Haan, Daerden, Tahamata, Voordeckers et compagnie.

Le matricule 16 est ensuite décimé par le scandale du match "acheté" contre Waterschei. Exit Roger Petit. Le club connaît un quart de siècle d’une disette qui va faire naître frustration chez les supporters et moqueries chez les adversaires.

Luciano d’Onofrio et son clan se mettent alors en tête de redresser la barre. Michel Preud’homme puis Lazlo Bolöni sont chargés de transformer l’essai, en mariant l’expérience (Marcos, Onyewu, Jovanovic) et la jeunesse (Fellaini, Defour, Witsel).

Ils y réussiront pleinement, chacun à sa manière et avec ses armes. Le public retrouvé fait le reste. Et si, cette fois, le Standard était appelé à durer ?