SCLESSIN Réputée pour son jeu offensif et chatoyant, la formation du Racing Genk a démontré, hier après midi, qu'elle savait aussi défendre. Au plus fort de la domination, certes stérile, du Standard, les Limbourgeois sont parvenus à faire le gros dos sans être réellement mis à genoux. «Pourtant, nous avons rarement autant dominé un adversaire cette saison, remarqua un Dominique D'Onofrio dépité par la tournure des événements. La volonté était bien présente dans le chef de mes joueurs mais notre jeu fut approximatif et nous avons perdu beaucoup trop de duels face à une équipe très bien organisée défensivement. Nous nous sommes créé beaucoup de situations chaudes dans le rectangle mais nous avons péché par précipitation, par manque de sang-froid et de lucidité devant le but.»

Les Liégeois ont surtout abandonné à leur adversaire la conquête du milieu de terrain. Peu inspiré, Moreira passa, en effet, complètement au travers de son sujet laissant Janssen et Thijs s'en donner à coeur joie avec la défense locale. Ce fut, en fait, toute l'épine dorsale du Standard qui se montra fébrile. Carini, dont la responsabilité sur les deux buts fut impliquée, Dragutinovic, visiblement émoussé par son périple en Serbie, Moreira, en panne de créativité, et Bangoura, beaucoup trop statique, n'offrirent aucune solution à leurs partenaires. À tel point que Kaklamanos, courageux en diable, fut régulièrement obligé de venir chercher les ballons au milieu du jeu ou même... en défense.

Quand l'épine dorsale flanche

Émoussé par ce travail de sape, l'attaquant grec perdit logiquement de sa lucidité devant le but adverse et fut alors remplacé après une heu- re de jeu par Emile Mpenza dont la montée sur le terrain suscita un vent de panique dans la défense limbourgeoise plus préoccupée à préserver son but vierge en balançant de longs ballons un peu n'importe où plutôt que de sortir sereinement de son camp en dessinant l'un ou l'autre mouvement constructif. Conscient de ces lacunes, Sef Vergoossen ne se poussa d'ailleurs pas du col au terme de la rencontre remportée par ses hommes: «Je ne suis pas spécialement satisfait de la prestation de mon équipe. Nous avons encore beaucoup de choses à améliorer mais, en attendant, nous avons réalisé une excellente affaire en nous imposant ici. J'avais demandé à mes joueurs de rester groupés. Nous aurions d'ailleurs pu mener par deux ou trois buts d'écart avant la pause tant nous avons alerté le gardien adverse. En seconde période, nous nous sommes contentés de défendre dans notre camp tant la pression du Standard était intense. Mais défendre fait aussi partie du football...»

Malheureusement, dans de telles circonstances, les deux équipes abusèrent de longs ballons qui n'eu- rent, finalement, aucune incidence sur le déroulement de la rencontre. «Nous avions la possibilité de décoller mais, au lieu de cela, nous restons les pieds collés au sol », remarquait judicieusement Dominique D'Onofrio. Car le grand bénéficiaire de ce résultat n'était autre que le Sporting d'Anderlecht, tout heureux de déjà pouvoir s'isoler encore un peu plus en tête du classement...

© Les Sports 2003