L' excellent actuel premier tour des Mouscronnois n'est pas s'en rappeler les premiers pas de l'Excelsior au sein de l'élite. À l'époque, les promus avaient bousculé l'ordre établi en squattant les premiers rangs de la hiérarchie jusqu'à la fin des hostilités. Ils terminèrent finalement à une très honorable 3e place à 12 points du champion, le Lierse. Alors qu'Anderlecht pointait, cette année-là, en quatrième position, deux points derrière les Hurlus.

Dans l'équipe frontalière, on retrouvait des joueurs comme les frères Mpenza, Gordan Vidovic, Claude Verspaille ou encore Steve Dugardein et Olivier Besengez. Tout ce beau monde était dirigé, sur le terrain, par un meneur de jeu qu'aucun supporter frontalier n'a oublié, Dominique Lemoine. Aujourd'hui, la rampe de lancement des frères Mpenza a rangé ses crampons.

«La montée avec l'Excelsior et la première saison en première division, resteront, à jamais, gravées dans ma mémoire», assure Dominique Lemoine, aujourd'hui reconverti dans l'immobilier du côté d'Arcachon. «Mes meilleurs souvenirs footballistiques remontent à cette époque, et même les matches que j'ai eu l'occasion de jouer à Madrid ou à Barcelone, avec l'Espanyol, ne peuvent rivaliser, au plan émotionnel, avec ce que j'ai connu à Mouscron. Nous formions un groupe exceptionnel à tous les niveaux. Je n'ai jamais plus connu une telle osmose.»

Mais bien vite, les qualités du meneur de jeu se sont révélées aux autres clubs et, avant la fin de cette première saison en D 1, Dominique Lemoine répondit aux sirènes de la Liga.

«Si, à l'époque, j'avais eu cinq ans de moins, je ne serai jamais parti de l'Excelsior, explique l'ancien numéro 14. Mais j'avais trente ans, et une carrière de footballeur n'est pas éternelle. Je ne pouvais pas me permettre de refuser une telle opportunité.»

Le grand regret de Dominique Lemoine, c'est d'avoir manqué la Coupe du Monde alors que les rênes de l'équipe nationale étaient confiées à Georges Leekens.

«C'est grâce à Georges Leekens que j'ai fait mes débuts avec les Diables Rouges, se souvient-il. Je ne jouais pas régulièrement en Espagne et c'est finalement Scifo qui a été sélectionné alors qu'il ne jouait pas plus souvent que moi à Monaco...»

Même s'il assure avoir tourné la page du monde du football, Dominique garde un oeil attentif sur le championnat de Belgique et sur son ancienne équipe en particulier: «Les résultats de l'année dernière étaient catastrophiques et, lorsque j'ai vu que l'Excelsior s'enlisait dans les abîmes du classement, je me suis dit qu'il n'y avait pas beaucoup de personnes capables d'inverser la tendance. Mais le président a trouvé en Georges Leekens l'homme de la situation. C'est certainement l'un des meilleurs, si ce n'est le meilleur entraîneur du pays. Il peut tirer la quintessence d'un groupe et ses connaissances tactiques et techniques ne souffrent d'aucune comparaison. Sa plus grande force réside pas dans sa capacité à faire comprendre, à un joueur, l'importance de se mettre au service du groupe. C'est un meneur d'homme, un vrai.»

© Les Sports 2003