Marseille n'aura pas rêvé très longtemps d'enlever le deuxième sacre européen de son histoire, battu mercredi en finale de la Coupe de l'UEFA de football par Valence (2-0) dans un match qui a brutalement basculé juste avant la pause sur l'exclusion de Barthez et le penalty qui l'a suivie.

Dès lors, un OM réduit à dix durant toute la seconde période et mené au score ne pouvait plus rien faire face à la redoutable machine de Valence, qui a réussi là un doublé historique en combinant la C3 à un titre de champion d'Espagne tout frais.

Après deux finales consécutives de Ligue des champions perdues en 2000 et en 2001, les Espagnols ont pris une revanche bien méritée, au vu de l'ensemble de leur oeuvre ces dernières saisons (champion d'Espagne en 2002, également).

Le bon pressing des Valencians a parfaitement fonctionné, notamment du côté gauche de la défense de l'OM, où Rufete a fait bien des misères à Dos Santos. Et Mista, élu homme du match, a laissé éclater sur la scène européenne ses qualités déjà unanimement reconnues en Espagne.

Malgré un Drogba prêt à tout en première période avant de s'éteindre en deuxième comme ses neuf coéquipiers, Marseille s'incline pour la troisième fois en finale d'une Coupe d'Europe. La dernière fois, c'était à Moscou face à Parme (3-0) et déjà en Coupe de l'UEFA.

L'OM, 7e en Championnat de France, battu en finale de C3, termine donc sa saison sur un bilan vierge de titre mais sur une belle épopée européenne, qui l'a vu éliminer Liverpool, triompher de l'Inter Milan à San Siro et surclasser Newcastle avant de buter sur la dernière marche.

Du classique, comme prévu: les deux entraîneurs José Anigo (Marseille) et Rafael Benitez (Valence) choisissaient d'aligner leur équipe-type d'entrée, pour cette inédite finale de la Coupe de l'UEFA, mercredi à Goeteborg.

Rodée déjà face à Liverpool, face à l'Inter Milan et Newcastle, la formation française présentait une défense à cinq, deux milieux récupérateurs (Flamini et Ndiaye), flanqués à droite de Marlet et à gauche de Meriem, avec Drogba seul en pointe.

Comme annoncé la veille, l'attaquant ivoirien tenait sa place, malgré les séquelles d'un écrasement musculaire à la hanche gauche contracté voici 10 jours à Monaco en championnat.

Le classique était de mise aussi côté espagnol. "Nous jouerons comme nous savons le faire, sans rien changer", avait déjà prévenu la veille Benitez. Soit une défense à quatre, les milieux récupérateurs Albelda et Baraja, avec Rufete à droite et le jeune prodige Vicente à gauche, censés alimenter Angulo en milieu offensif et Mista, meilleur buteur espagnol de la Liga.

On comprenait d'emblée que le statut d'outsider dans lequel se drapait l'entraîneur marseillais José Anigo ne relevait en rien d'une quelconque opération intox.

Car Valence faisait immédiatement étalage de ses muscles. Au propre comme au figuré. Drogba, souffrant de la hanche gauche, en savait quelque chose, balancé sans ménagement dans un premier choc aérien avec Ayala.

A l'exception d'une escarmouche de Marlet sur un coup franc de Meriem, la domination espagnole était totale, en vertu d'un volume physique supérieur: frappe de Mista suivie d'une autre de Baraja rebondissant devant Barthez condamné à la détente horizontale (7e), tacle rugueux de Marlet sur Carboni valant carton jaune (10e), centre menaçant de Rufete échappé aisément du poussif marquage de Dos Santos...

Il fallait bien un quart d'heure aux Marseillais pour installer les bouteilles à oxygène. Moyennant quoi, la remontée à la surface fut des plus efficaces. Comme cette tête de Marlet sur un coup franc de l'omniprésent Meriem (15e), ce tir à droite du même Meriem exploitant un mauvais renvoi d'Ayala (17e), ce jeu en triangle Drogba-Flamini-Ndiaye en tête de surface (21e) ou la tête de Beye servi, encore, par un coup franc de Meriem.

D'occasions, il n'y en eut plus de la mi-temps, en dépit des incursions valencianes sur le vulnérable flanc gauche de la défense marseillaise. Jusqu'à l'énorme coup de théâtre de la 45e minute: héritant d'un centre de Curro Torres, Mista s'avançait pour aligner Barthez, qui sortait les deux pieds en avant. Double peine: penalty puis carton rouge, justifié car le gardien était le dernier défenseur. Le jeune Gavanon, pour sa troisième apparition chez les "pros", entrait pour encaisser le penalty imparable de Vicente (1-0, 45+3). L'OM perdait très gros, d'autant que l'excellent Meriem cédait sa place, au nom des impératifs de coaching.

Inimaginable, après pareil scénario, de rattraper les illusions perdues. Les choeurs marseillais, quoique moins convaincus, et l'abattage de Flamini, ne faisaient au fond que repousser l'échéance de la condamnation définitive.

Elle vint, une nouvelle fois, du tandem Vicente-Mista. Le premier s'était déjà essayé à une jolie frappe sur la droite (49e), puis à un coup franc bloqué par Gavanon (55e). Mais son centre parfait de la 58e trouvait son compère Mista qui, contrôle orienté de la poitrine à l'appui, exécutait Gavanon (2-0). Les chants espagnols sonnaient comme un Te Deum aux oreilles marseillaises...

Il y eut bien quelques actes isolés de résistance française, comme ce coup franc de Drogba repoussé des poings par Canizares, avant d'atterrir dans les pieds trop maladroits de Marlet (65e), ou un joli coup de reins de Batlles à l'abord de la surface (74e).

Mais qu'opposer d'autre à l'irrémédiable? Que tenter pour réparer une telle catastrophe? Plus grand chose en réalité. Et Valence, maître du territoire, ne craignait plus grand chose de grave. Mista ne dut ainsi qu'au jaillissement d'Hemdani de ne pas noircir un peu plus le tableau, alors que Curro Torres envoyait sa frappe saluer le ciel scandinave, encore assez clair à cette heure terrible.

Une jolie frappe de Ndiaye signalait quelque instinct de survie marseillais (80e), tout comme les chants des virages rendant hommage à Anigo et une tête de Meïté dans le temps additionnel. Benitez, lui, avait enchaîné les changements pour que personne ne manque le banquet de la consécration. Cette troisième finale européenne en quatre ans, Valence ne pouvait plus la laisser échapper.



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